SUR LES JUGEMENTS HUMAINS
DIMANCHE DE LA PASSION, à Saint-Thomas-du-Louvre, 1665.
Ledieu rapporte i, en enflant un peu trop la voix, que, dans le carême de Saint-Thomas-du-Louvre, « toute la Cour et les reines » venaient entendre Bossuet. Cette assertion demanderait à être confirmée par quelque preuve, qui fait absolument défaut. Le secrétaire de Bossuet à Meaux avait-il confondu, lui aussi, comme tant d'autres ont fait depuis, Saint-Thomas-du-Louvre avec la chapelle du Roi 2 ? Il n'est pas impossible toutefois, ni même invraisemblable, que certains membres de la famille royale aient tenu à entendre quelque sermon parmi ceux que prononçait, à leur porte, pour ainsi dire, un prédicateur dont l'éloquence leur était bien connue. Or nous savons qu'entre tous, Madame, duchesse d'Orléans, savait l'apprécier dignement. Une péroraison^, relégruée par Deforis dans les Pensées chrétiennes et morales, contient une allocution à une princesse, qui ne peut être que Madame, comme M. Floquet l'a bien démontré*. Ce savant historien a été moins bien inspiré en affirmant 1° que cette péroraison se rapportait au sermon sur les Jugements h%imains (nous avons vu qu'on désignait ainsi le sermon de 1663 siir la Fem^ne adultère) ; 2° que ce sermon fut prononcé devant cette Altesse royale en 1669, dans un prétendu Carême à l'Oratoire. En réalité, cette allocution, avec le fragment qui la précède, et qui ne peut en être séparé, nous reporte à une époque antérieure. Nous croyons qu'ils faisaient partie de ce sermon Si ego judico..., auquel Bossuet renvoie en 1668 (P"" dimanche de l'Avent) ; et que son neveu, pour prêcher à son tour ce sermon, les en aura détachés.