‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 475 sur 552 · Voici la clef de ces références, 3. BefftiL, cap. Lxxiu · texte numérisé non relu

Voici la clef de ces références, 3. BefftiL, cap. Lxxiu

négligées ou prises à contresens 4. Deforis traduit, commente et

dans les précédentes éditions. La complète cette citation du chapitre

pr.?mière n^us reporte à une œuvre i.xxin de la liégle : Qui^guis [{(/i-

de 1659, qui, toute mutilée qu'elle fur] ad patriam ccclestem ffftinas

est, contient du moins le passage (effacé au ms.) hanc vùnimam in-

visé par notre texte (voy. t. II, choitiojiis regidam. Deo adjuvante,

p. 572); la seconde vêture n'est pcr/!ce{ms.:perficias);cttuncdemum

autre que celle de îiD'e de Bouillon, ud majora docfrinœ virtutumque cid-

en 1660 (t. III. p. 520). mina, Deo protcgente. pervenies. —

2 Va- : p>essant. Ce dernier complément d" la pensée

Deux ^ raisons : l'une, que, si l'on croit être parvenu au but, si l'on croit avoir fait quelque progrès, on se relâche ; le sommeil nous prend, on périt. Assoupissement de l'âme, qui croit être avancée dans la perfection. En nous, une partie languissante, qui est toujours prête à s'endormir, toujours fatiguée, toujours accablée, qui ne cherche qu'à se laisser aller au repos. L'esprit veille et dispute contre le sommeil : Vigîlote ". Cette partie languissante et endormie lui dit, pour l'inviter au repos: Tout est calme, tout est accoisé ^ ; les passions sont vaincues, les vents sont bridés, toutes les tempêtes apaisées ; le ciel est serein, la mer est unie, le vaisseau s'avance tout seul: Ferunt ipsa sequora cJassem'^. Voyez comme le ciel est serein, etc. ; ne voulez-vous pas prendre un peu de repos ? L'esprit se laisse aller et sommeille : assuré sur la face de la mer calmée et sur la protection du ciel expérimentée si ^ [p. 14] souvent, il lâche le gouvernail, et laisse aller le vaisseau à l'abandon : les vents se soulèvent, il est submergé. O esprit, qui vous êtes fié vainement et en la grâce du ciel et au calme trompeur de vos passions, vous servirez d'exemple à jamais des périls où jette les âmes une folle et téméraire confiance *•

L'autre raison : la vanité (Voy. Vêture de la Virgi^ vite, à la fin '^ : Et ideo vivo, quia triumphas) . Pratique d'iiumilité, en se transportant hors de soi. C'est dans cette vue, mes Pères, que saint Benoît, votre bienheureux législateur, vous ramène toujours au commencement, jugeant bien que la vie spirituelle ne peut subsister sans un continuel renouvellement de ferveur. C'est pour cela qu'il appelle l'accomplissement de sa règle un |)etit commencement. Car parlons en vérité de cette Règle ; et, pour couronner cette humilité qui l'a si sain-

de l'auteur était utile à douner, 5. Mot omis dans les éditions,

sinon dans le texte, du moins dans (i. Bossuet était tenté ici de citer

les notes. une seconde fois l'auteur profane,

1. Un renvoi semble indiquer l'in- dont il relève la belle description en tention de placer ici ce qu'on vient latransportantdanslemonde moral. de lire : ^ Le voyage chrétien — » Il efface cependant, et avec raison :

2. Matth., XXVI, 41. O nimiiim cœlo et pelago conjise si^ .T. Édit. : tout est tranquille. reno ! (vers 870).

4. Virgii., ^neiJ., lib. V, v. 843 ; 7. Ce renvoi corrcr^pondà la page

■d\. ferunt sua Jiamina classem. 100 de ce volume.

tement déprimée, relevons-la aujourd'hui et célébrons sa grandeur et sa perfection devant l'Église da Dieu.

Cette Règle, c'est un pressis ^ du christianisme, un docte et mystérieux abrégé de toute la doctrine de l'Évangile, de toutes les institutions des saints Pères, de tous les conseils de perfection. [P. 15] Là, paraissent, avec éminence, la prudence et la simplicité, l'humilité et le courage, la sévérité ^ et la douceur, la liberté et la dépendance. Là, la correction a toute sa fermeté, la condescendance tout son attrait, le commandement toute sa vigueur et la sujétion son repos, le silence sa gravité et la parole sa grâce, la force son exercice et la faiblesse son soutien, etc. Et toutefois, mes Pères, il l'appelle un commencement, pour vous nourrir toujours dans la crainte.

l'reniblez ici, Chrétiens. Ceux qui sont dans le port frémissent, et ceux qui sont dans les tempêtes vivent assurés, etc. O ! que ces voies sont contraires ! ô ! que les uns ou les autres sont insensés! Qui jugera ce différend ? qui décidera ce doute ? qui terminera ce procès ? Chacun a pris son parti, et s'est intéressé dans sa propre cause. Jugez-nous, Sagesse ; tranchez par votre autorité souveraine lesquels sont les sages, lesquels sont les fols ; ou, si vous ne voulez pas nous parler vousmême, faites parler votre Apôtre : « Cum metii et tremore^... O vous, qui êtes dans la voie de perfection, opérez votre salut avec tremblement. » Car c'est Dieu seul qui vous tient. Si vous le quittez, il vous quitte ; si vous l'abandonnez, il vous abandonne; si vous vous relâchez, il vous laisse aller. Mais, s'il vous quitte, vous le quittez encore plus ; et s'il vous [p. 16]) abandonne, vous vous éloignez jusqu'à l'infini ; et s'il vous laisse aller, vous tombez jusqu'au fond du précipice. Que si

\. Prefsis (les éditeurs ont mal à Jeune, etc.

propos imprimé /jrécîS), suc til-é d'uue je bel honneur au Roi. d'avoir à son service

substance mise en presse, et, au ti- Le pressis. leiixir de toute la nuilice.

gLiré, quintessence d'une chose. Bos- (bours.\ult, Les J-abks d'Esope. IV, v.)

suet no confond ce mot avec précis, 2. C» mot est, croyons-nous, de

ni pour le sens, ni pour l'orthos^ra- date plus récente. — Var. : l'austé-

phe. Voir Instruction sur les Etats rite (IGti;)).

d'imiison, second traité, Varh, 1897, 3. Phil.. il. 12. — Ms. : Cum ti-

p ]Afi Ce mot a été cmploj-é au sens more U trcmure. ligure par J.-P, Camus, le P. Le

ceux-là vivent en crainte, qui sont dans la voie de la perfection, combien doivent être saisis de frayeur ceux qui s'abandonnent aux vices !

Egredere, egredere: récapitulation de tout le voyage ; exhortation à l'amour de 1» patrie. Amen.

29 novembre 1G65.

Une erreur de lecture ou de transcription, échappée au premier éditeur, avait fait attribuer ce discours à l'A vent de 1669. La date véritable est en eiïet inscrite, par exception, en.tête du discours'. Chacun peut, en la vérifiant, contrôler la revision que nous faisons de l'œuvre entière, et confronter notre texte avec le fac-similé complet publié par M. Choussy-, en 1884. Si on fait la même comparaison avec les éditions antérieures, on rcmar- (^lera que M. Lâchât avait oublié, à défaut du manuscrit, qu'il n "avait pas rencontré, de consulter les variantes généralement exactes données par Deforis.

Le premier point de ce sermon et celui du sermon de 1669 sont semblables i^our les grandes lignes, durant plusieurs pages. Tout ce qui ne se lit pas dans le présent sermon (Tune ridebunf) était t-onsidéré par les critiques comme autant de passages que l'auteur lilamait dans l'autre (Hora est), que l'on croyait antérieur. En réalité, c'est celui-ci, au contraire, qui enchérira de la manière la plus heureuse sur la rédaction déjà très belle que nous donnons ici.

Tinic ridfhiii:! h'iliinii li<iwiiiis rrnievleni in niihc ciuu iii>tc.-<lale magna et niajcsialc.

(Luc., x\i, :^7.)

11 y a'' c(4lo différence, j^aiini beaucoup d'autres, entre la gloire de Jésus-Christ et celle des grands du inonde, que la has.^esse étant en ceux-ci du fonds même de la nature, et la gloire accidentelle et comme em- |irnntée, leur élévation est suivie d'une chute inévitalile

1 . Ms. de M.Choussy (à Roug'jies, donné dans uolrc premier volume

Allier), avec ce titie": «Jugement, (p. 1) ï^ous sa l'orme ijrimilivc. 11

Uim. de l'Avent, 1665». Actuelle- reparaît ici, avec les quelques raodi-

ment dans la collection de M. H. de fications que son auteur y a intro-

Jlothschild. duites pour le rendre tout à fait

''. A la librairie Victor Palmé. digne d'ouvrir une station royale.

3. Cet avant-propos est une repri- Pas de sermon au Louvre, à la Tousse du plus ancien écrit de Bossuet saint ni à Noiil. que nous connaissions. Nous l'avoue

et qui n'a point ^ de retour : au lieu qu'en la personne du Fils de Dieu, comme la grandeur est essentielle et la bassesse empruntée, ses chutes, qui sont volontaires, sont suivies d'un état de gloire certain et d'une élévation toujours permanente. Écoutez comme parle l'Histoire sainte de ce grand roi de Macédoine dont le nom même semble respirer les victoires et les trio'-^phes: En ce temps, Alexandre, fils de Philippus-, surmonta^ des années presque invincibles, prit des forteresses imprenables, triompha des rois, subjugua les peuples, et toute la terre se tut devant sa face, saisie d^ étonnement et de frayeur *. Que ce commencement est auguste ^ ! mais voyez la conclusion : FA après cela, poursuit le texte de l'historien sacré, il tomba malade, et se sentit défaillir, et il vit sa mort assurée ; et il partagea ses États que la mort lui allait ravir, et, ayant régné douze ans, il mourut. C'est à quoi aboutit toute cette gloire : là se termine l'histoire du grand Alexandre. L'histoire de Jésus-Christ ne commence pas à la vérité d'une manière si pompeuse ^ ; mais elle ne finit pas aussi par cette nécessaire décadence. Il est vrai qu'il y a des chutes. Il est comme tombé du sein de son Père dans celui d'une femme mortelle, de là ^ dans une étable, et de là encore par divers degrés de bassesse jusqu'à l'infamie de la croix, jusqu'à l'obscurité du tombeau. J'avoue qu'on ne pouvait pas toml)er plus bas; aussi n'est-ce pas là le terme où il aboutit, mais celui d'où il commence à se relever. Il ressuscite, il monte aux cieux, il y entre en possession de sa gloire ; et afin (lue cette gloire qu'il y possède soit déclarée à tout l'univers, il en viendra un jour en grande puissance juger les vivants et les morts.

1. Var. : plus. — Ici, comme tou- qu'il n';i peut-être paspi-onoucée en

jours, nous ne donnerons avec le liiGô,

titre de variantes que les premières 3. Édit. : défit. — Ce mot, ajouté

rédactions non effacée.-:. Celui qui eu ItJGô, est ensuite effacé. L'auteur

aurait la curiosité de serendre comp- revient à son ancienne expression,

te de toutes les ditïéreiices entie le 4. I Machab., i, 1-8.

texte de 1G43 et celui de 1655 ne 5. Var. : superbe! — Édit. : su-

pourrait se dispenser de se reporter perbe. auguste 1

au commencement de notre tome I'^"'. (j. V; r. : si pompeusement.

'2. Forme archaïque que Bossuct 7. Var. : t.nsuilc. n'a pas corrigée sur le papier, mais

634 AVENT Dl) LOUVRE.

C'est cette suite mystérieuse des bassesses et des grandeurs de Jésus-Christ que l'Église a dessein de nous faire aujourd'hui remarquer, lorsque, dans ce temps consacré à sa première venue dans ^ l'infirmité de notre chair, elle nous fait lire d'abord l'évangile de sa gloire ", afin que nous contemplions ces deux états dissemblables dans lesquels il lui a plu de paraître au monde, premièrement le jouet, et ensuite la terreur de ses ennemis : là, jugé comme un criminel ; ici, juge souverain de ses juges mêmes. Suivons, Messieurs, les intentions de l'Église ^ : avant que de contempler combien Jésus-Christ est venu faible, considérons aujourd'hui combien il apparaîtra redoutable ; et prions la divine Vierge, dans laquelle il s'est revêtu miséricordieusement de notre faiblesse "*, de vouloir nous manifester le mystère de sa grandeur, en lui disant avec l'Ange : [Are.]

Encore que, dans le moment que notre âme sortira du corps, elle doive être jugée en dernier ressort, et l'affaire de notre salut "" immuablement décidée, toutefois il a plu à Dieu que, nonobstant ce premier arrêt, nous ayons encore à craindre un autre examen et une terrible revision de notre procès au jugement dernier et universel. Car, comme l'âme a péché conjointement avec le corps '^, il est juste qu'elle soit jugée aussi bien (jue punie avec son complice, et que le Fils de Dieu, qui a pris la nature humaine toute entière^, soumette aussi l'homme tout entier à l'autorité de son tribunal. rj'est pourquoi nous sommes tous ajournés ^ après la résurrection générale pour comparaître de nouveau devant ce tribunal redoutable, afin que tous les pécheurs étant appelés et représentés en corps et en âme, c'est-àdire dans l'intégrité de leur nature, ils reçoivent aussi la mesure entière et le comble de leur supplice. Et

1. Var. : à la première venue de nonseulemeut par le ministère, mais Notre-Seigneur dans... souvfnt même par l'instigation de

2. Édit. : de sa gloire et de son son corps. — Souligné, c'est-à-dire nvi'nement mac/nitique. — Cinq mots eflEacé

effacés au manuscrit (en 1665). "■ Var. : que Jésu.s Christ, qui a

?.. Var. : ses intentions. l"'i"^ notre humauilc toute entière...

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