Vtr. : celui qui. 6. Var. : à la face de tout le genre
3. Yar. : (effacées) : par le témoi- humain, — à la face de l'u ivers.— ^nage public..., — par le tremble- Édit. : à la face de tout le genre î'ieut... humain, des hommes et des aneres.
4.Var. : trouvent le moyen de 7, Var. : qui est leur naturel apa-
l'é^ iter. nage, — qui est leur juste salaire.
5. Var. : que le ioiu- du jugement — Ces variantes sont écrites à la
G36 AVENT DU l.OI.VHE.
Premier Point.
fP. 1] « T/inscnsé a dit en son cœur ; Il n'y a point. Ht' Dieu : Di.ril insipicn^^ in corde \j<uo : Non rsi Deus^]. » Les saints docteurs nous enseignent que nous pouvons nous rendre coupables en plusieurs façons de cette erreur insensée. Il y a, en premier lieu, les athées et les libertins, qui disent tout ouvertement que les choses vont à l'aventure, sans ordre, sans gouvernement, sans conduite supérieure. Insensés, qui, dans l'empire de Dieu, parmi ses ouvrages, parmi ses bienfaits, osent dire qu'il n'est pas, et ravir l'être à celui par lequel subsiste toute la nature ! Il y a peu de ces monstres^, quoique, hélas! nous pouvons dire avec tremblement qu'il n'en paraît toujours que trop dans le monde. Il y en a d'autres, dit le docte Théodoret ^, qui ne vont pas jusqu'à cet excès de nier la Divinité ; mais, pressés et incommodés dans leurs passions déréglées par ses lois qui les contraignent, par ses menaces qui les étonnent, par la crainte de ses jugements qui les trouble, ils désiieraient que Dieu ne fût pas; [p. 2] ils voudraient même le pouvoir croire : ils voudraient pouvoir croire que Dieu n'est qu'un nom ; et ils disent dans leur cœur, non par persuasion, mais par désir : Il n'y a pas de Dieu. Insensc>;, die saint Augustin ■*, qui, parce qu^ih sont âéréglcs, voudraient détruire ht règle, et souhaitent qu'il n'i/ ait ni loi, ni justice, î'i cause qu'ils ne sont pas justes. Je laisse encore ceux-ci ; je veux croire ■' qu'il n'y a aucun de mes auditeurs (|ui soit si dépravé et si corrompu '^. Je viens à uni- troisième
suite, mais séparées par des points. )Kiniii les iio mines : (|Uoique... —
(Ordre inverse du nôtre, puisque Mêlée au texte dans les éditions,
nous remontons par degrés à la plus 3. /n hune Ptnl.
ancienne rédaction.) De là l'erreur 4. Tract, xc //* Joaii., n. '.i.
(les éditeurs, qui impriment : « l'éter- 5. Var. : je crois.
nelle confusion, qui est leur juste 6. Ms. ; qui soient si dépravés et
salaire, leur naturel apanage qu'ils si corrompus. — Ce pluriel provient
ont si bien mérité. » C'est défigurer d'une première rédaction qui portait:
un texte complètement. — La sur- « Je crois qu'il y en a peu dans cet
charge précédente se lisait aussi à auditoire qui... » Bien que Bossuct
la ftnie. l'ait formellement effacée, non en
l.Ps. i.ii, 1. soulignant seulement, mais en la
2. A'ar. : Le nombre en est petit barrant d'un gros trait, il est ccpen-
maniei'e de dire que Dieu n'est pas, de laquelle vous avouerez que la plupart de mes auditeurs ne se peuvent pas excuser. Je veux parler de ceux qui, en confessant (|ue Dieu est, le comptent néanmoins tellement pour rien % qu'ils pensent en effet n'avoir rien à craindre quand ils n'ont que lui pour témoin. Ceux-là manifestement comptent Dieu pour rien ; et ils disent donc en leur cœur : Il n'y a point de Dieu".
[P. 3J Et qui de nous n'est pas de ce nombre ? Qui de nous n'est pas arrêté dans une action malhonnête par la rencontre d'un homme qui n'est pas de notre cabale ^ ? Et cependant de quel front savons-nous soutenir le regard de Dieu ! N'apportons pas ici l'exemple de ceux qui roulent en leur esprit quelque noir dessein : tout ce qu'ils rencontrent les trouble, et la lumière du jour, et leur ombre même leur fait peur ; ils ont peine à j)orter eux-mêmes l'horreur de leur funeste secret, et ils vivent cependant dans une souveraine tranquillité des regards de Dieu. Laissons ces tragiques attentats, disons ce qui se voit tous les jours. Quand vous déchirez en secret celui que vous caressez en public ; quand vous le percez de cent plaies, par les coups incessamment redoublés de votre dangereuse langue ^ ; cjuand vous mêlez artiticieusement le vrai et le faux, pour donner de la vraisemblance à vos histoires malicieuses; [p. 4] f[uand vous violez le sacré dépôt du secret qu'un ami trop simple a versé tout entier dans votre cœur, et que vous faites servir à vos intérêts sa confiance, qui vous obligeait à penser aux siens : combien de précautions pour ne point paraître, combien regardez-vous à droit et à gauche ! ^ Et si vous ne voyez pas de témoin qui vous puisse reprocher dans le moiide votre lâcheté, si
liant intéressant de noter qu'il avait lui pour témoin.
|iu supposer un instant la présence ;i. Var. : secret.
d'athées dans l'auditoire de la cour. 4. Var. : décent coups mortels par
1. Var. : pour si peu. — Première votre langue (dangereuse). — Edit. : ri'daction : néanmoins le comptent quand vous le percez incessamment )ionr rien (dans toutes leurs entre- de cent plaies par les cou]}s mortels prises criminelles).Ces derniers mots de votre dangereuse langue, effacés. ô. Édit. : à droite et à gauche. —
2. Première rédaction : Ceux-là Rajeunissement d'une locution qui disent en leur cœur qu'il n'y a point ne s'employait plus à la fin du d eDieu, parce qu'ils pensent n'avoir x vill« siècle.
rien à craindre, tant qu'ils n'ont que
VOUS avez tendu vos pièges si subtilement qu'ils soient imperceptibles ' aux regards humains, vous dites : « Qui nous a vu[s] ? Narraverunt ut (ibsconderent laqueos ; dixerunt : Quis videhit eos ^ ? » Vous ne comprenez ^ donc pas parmi les voyants celui qui habite au ciel ? Et cependant entendez le même Psalmiste : « Quoi ! celui qui a formé l'oreille n'écoute-t-il pas, et celui qui a t'ait les yeux est-il aveugle r Qui plantavit aurem non audiet, aut qui finxit oculum non considérai "* ? » Au contraire, ne savez-vous pas qu'il est tout vue, tout ouïe, tout intelligence; que vos pensées lui parlent, ciue votre cœur lui dit tout, que votre conscience est sa surveillante et son témoin contre vous ? Et cependant [p. 5] sous ces yeux si vifs et sous ces regards si perçants, vous jouissez sans inquiétude du plaisir d'être caché ? N'est-ce pas le compter pour rien, et dire en son cœur insensé : « Il n'y a point de Dieu ? Dixit insipiens [in corde suo : Non est Deus}. »
Il n'est pas juste, Messieurs, que les pécheurs se sauvent toujours, à la faveur des ténèbres, de la honte qui leur est due. Non, non, que ces femmes infidèles et que ces hommes corrompu [s] se couvrent, s'ils peuvent, de toutes les ombres de la nuit, et enveloppent leurs actions déshonnêtes " dans l'obscurité d'une intrigue impénétrable, si faut-il que Dieu les découvre un jour et du'ils boivent la confusion ^, car ils en sont dignes. C'est pourquoi il a destiné ce dernier jour, « qui percera les ténèbres les plus épaisses, et manifestera^, comme dit l'Apôtre, les conseils les plus cachés: Qui ctiUuminahit ahscondita tenchrnrum et nianifestahit consilia cordiiun^. « Alors quel sera l'état des grands du monde, qui ont toujours vu sur la terre et leurs sentiments [p. 6] applaudis et leurs vices même adorés ? Que deviendront ces hommes délicats, qui ne peuvent suppor-