Cant, II
678 A VENT DU LOUVRK.
s'unir à nous beaucoup plus étroitement selon l'esprit. Table mystique, banquet adorable, je vous appelle à témoin de la vérité que j'avance. Parlez-nous ici, saints autels ! autels si saints et si vénérables, mais, je le dirai en passant, autels fort peu révérés. Je ne me plains pas ici des ornements qui vous manquent ; cela se fera bientôt \ et dans l'accomplissement de ce superbe édifice^, que la France verra avec joie comme un monument immortel de la majesté de ses rois, ô Seigneur, la piété de î-ouis, votre serviteur, que vous nous avez donné pour nionar(iue, n'oubliera pas votre tabernacle^. Mais je me plains, saints autels, de ce que vous êtes peu révérés, parce que ceux qui viennent en cette chapelle la regardent comme un lieu profane. On entre, on sort, sans adorer Dieu. — Jésus-Christ^, dit-on, n'y repose pas. — Mais toutefois il y descend à certains moments : Illic per certa viomenta Chrhti corpus et songuis hahitahant. On respecte le siège du Roi, même en son absence : il remplit de sa majesté tous les lieux où il habite. Le privilège de la seconde majesté ne doit pas l'emporter sur la première ^. Voilà le trône de Jésus- Christ : je vous demande, Messieurs, une grâce ^ ; il sied bien au ministère que je fais d'en demander de semblables, même de ce lieu : n'entrez pas, ne sortez pas de cette chapelle, sans rendre à Dieu à genoux un moment d'adoration sérieuse.
Mais je m'éloigne trop, et il faut revenir à notre sujet. Je voulais prouver. Chrétiens, que lorsque Jésus- Christ s'unit à nos corps, c'est principalement l'âme qu'il recherche. J'ai apporté pour ma preuve l'adorable Eucharistie'...
1. Yar. : se fera en son temps. 4. Var. (effacée) : Le Saint Sacre-