‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 67 sur 552 · Terem., Thren., in, SQ. 3. Hebr., xiii · texte numérisé non relu

Terem., Thren., in, SQ. 3. Hebr., xiii

-. Bossuet se borne à ic;liqiier 4. Rom., vi, 3.

ce*te citation, qu'il aura tiacJiùte en 5. C'eat-à-dire: rhonneur règne,

chaire, et même introduite par quel- 6. lï?. : ils renouvellent. — c'cst-à

que phrase oratoire, au lieu de quoi dire les chrétiens, désignés dans unf

son manuscrit porte simplement: première rédaction effacée, anciennr

« S. Paul, Uebr., xiii. n p. 17. — On comprend que c'es»

orifices cruels de ces anciennes idoles, qu'on ne pouvait contenter que par des victimes humaines ; et ces chrétiens sont si malheureux que de chercher encore de vaines couleurs pour rendre à cette idole trompeuse l'éclat que lui a ravi le sang de Jésus. On invente des raisons plausibles et des prétextes artificieux pour excuser les usurpations de ce tyran ^, et même pour autoriser jusqu'à ses dernières violences ; tant la discipline est corrompue, tant le sentiment de la croix est éteint et aboli parmi nous ! Chrétiens, lisons notre livre : que la croix de notre Sauveur dissipe aujourd'hui ces illusions ; ne sacrifions plus à l'honneur du monde, et ne vendons pas à Satan, pour si peu de chose", nos âmes, qui sont rachetées par un si grand prix.

Second Point.

[P. i] C'est une chose assez surprenante, que, dans cette vanité qui nous aveugle et qui nous fait adorer toutes nos pensées, il faille nous donner des leçons pour nous apprendre à nous estimer et à faire cas de nousmêmes. Mais c'est que l'homme est un grand abîme dans lequel on ne connaît rien ; ou plutôt l'homme est un grand prodige et un amas confus de choses contraires et mal assorties : il n'établit rien qu'il ne renverse, et il détruit lui-même tous ses sentiments.

Une marque de ce désordre, c'est que l'homme se cherche'' toujours, et ne veut pas se connaître; il s'admire, et ne sait pas ce qu'il vaut. L'estime qu'il fait de lui-même fait qu'il veut conserver tout ce qui le touche ; et cependant, par le plus indigne de tous les mépris, il prodigue son âme sans peine, et ne daigne pas seulement penser à une perte si considérable.

Cette âme est en effet un trésor caché, c'est un or très fin dans de la boue, c'est une pierre précieuse parmi les ordures. La terre et la mortalité dont elle est couverte [p. Il] empêche de remarquer sa juste valeur. C'est pour cela qu'il a plu à Dieu que le mystère de

contre la manie du duel que Bo>suet 1. Var. : ses iisurpatious.

parle avec ta ut de force et d'insis- 2. Ms. : choses.

tance. 3. Var. : c'est qu'il se cherche.

notre salnf se fît par éohango. afin rie nous faire entrer flans l'estime de ce que nous sommes, par la considération de notre prix. Ce n'est donc point dans les livres des philosophes que nous devons prendre une 2:rande idée de l'honneur de notre nature. La croix nous découvre par un seul regard tout ce qui se peut dire ^ sur cette matière. O âme, image de Dieu, viens apprendre ta dignité à la croix : Jésus-Christ se donne soi-même ' pour te racheter. « Prends courage, dit saint Augustin ', âme raisonnable, et considère combien tu vaux : O anima, érige te : tanti valcs ! Si tu parais vile et méprisable à cause de la mortalité qui t'environne, apprends aujourd'hui à t'estimer par le prix auquel te met la Sagesse même : Si [vns] vohis terrena fmgiUtatc vilitistisy ex pretio ve-stro ro.s appenditc '. » Appliquonsnous, Chrétiens, à cette divine science, et méditons le mystère de cet échange admirable, par lequel Jésus- Christ s'est donné pour nous afin de consommer l'œuvre de notre rédemption.

[P. m] Mais pour cela rappelons en ■" notre mémoire (]ue notre péché nous avait doublement vendus : Venum- (latiis suh peccato ^. Il nous avait vendus à Satan, auquel nous appartenions comme des esclaves qu'il avait vaincus ; il nous avait vendus à la justice divine, à laquelle nous appartenions comme des victimes dues à sa vengeance.

Vous savez assez. Chrétiens, que le démon avait surmonté les hommes, et qu'ils étaient par conséquent <levenus sa proie : A quo quis superatus est, hujus et !<ervns est^. Dieu même l'avait ainsi prononcé par un ordre admirable de sa justice : car, comme dit excellemment saint Augustin, « quoiqu'il ne fasse [pas] les ténèbres, néanmoins [p. iv] il les range et il les jrdonne ; et il aime tellement la justice, qu'il veut que la disposition en paraisse même dans les i-uines des péchés : Non deserit ordinandas ruinas pcccantiinn '^. »

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