Joan., m, 16. il ne nous faut pas Barabbas, il nour
;{. L'orateur se propose de com- faut un innocent. »
pléter de mémoire. — Var. : l'unique. b. f^erm Li, n. 2fi.
4. Note (écrite sur cette page an- 6. Var. : ayant un Fils si parfait,
térieurement au sermon) : « Tout 7. Var. : par une immensité de
mystérieux dans la Passion du Fils miséricorde.
de" Dieu. Caïphe prophétise ; Pilate : 8. Var. : par les ricbesfees inépui-
rex Judaoïum ; le peuple : sanguh sables d'un amour, — d'une charité
super nos ; par la rengeance, par la Bur&bondaste. Rédemption. Xon hune, itd Èurab-
POUR IF VENDREni SAINT. O.'»
des étrangers ? Et néanmoins c'est ce que fait le Père éternel : .Sic Deus dilexit mundiim ut Filhim nunm unigenitum daret ^, ut omnis qui crédit in ipsum non pereat, sed îiabeat vitam œternam]. Pesons un peu ces paroles : Il a tant aimé le monde, dit le Fils de Dieu : \oilà le principe de l'adoption ; qu'il a donné son FiU XI nique : voilà le Fils unique livré à la mort. Paraissez maintenant, enfants adoptifs : Ajin que ceux qui croient ne périssent pas ; mais qu^ils aient la vie éternelle. Ne voyez-vous pas l'échange admirable ? Il donne son propre Fils à la mort, pour faire naître les enfants d'adoption. Cette même charité du Père qui le livre, qui l'abandonne, qui le sacrifie, nous adopte, nous vivifie et nous régénère. Comme si le Père éternel, ayant vu que l'on n'adopte des enfants que lorsque l'on a perdu les vérita})les, une amour saintement inventive' lui [p. xiii] avait heureusement inspiré pour nous ce conseil de miséricorde, de perdre en quelque sorte son Fils pour donner lieu à l'adoption, et de faire mourir l'unique héritier pour nous faire entrer dans ses droits.
Par conséquent, ô enfants adoptifs, que vous coûtez au Père éternel ! mais que vous êtes chers et estimables à ce Père qui donne son Fils, et à ce Fils qui se donne lui-même pour vous ! Voyez à quel prix il vous achète. Un grand prix, dit le saint Apôtre, un prix infini : « Pretio empti estis, nolite fieri serci hominum^ : Vous êtes acheté [s] d'un prix, c'est-à-dire d'un prix infini et inestimable ; ne vous rendez pas esclaves des hommes. )> Un .de vos amis vous aborde, un de ces amis mondains qui vous aiment pour le siècle et les vanités ; il vous veut donner un sage conseil : comme il vous honore, dit-il, et qu'il vous estime, il désire voire avancement ; |p. XIV J ("est pourquoi il vous exhorte de vous embarquer dans cette intrigue, peut-être malicieui^e, d'engager ce grand dans vos intérêts, peut-être au préjudice de la conscience. Prenez garde soigneusement, et ne vous rendez pas esclave des hommes. \ ous avez un autre homme qui vous estime ; cet homme, c'est Jésus-Christ,
1. ils. : (en marge et en abrégé) : inventif. — Mais Bossuet corrige (I Sic, Deus dilexit. Les r apport er...ï) pour préférer ici le féminin. 2 Édit. : un amour «aintement 3. 1 Cor., vii. Tô.
qui est aussi votre Uieu. C'est lui qui vous estime véritablement, parce qu'il vous a aclieté au prix de son sang. Parce que cet ami vous estime, il veut vous engager dans le siècle ; parce que Jésus vous estime, il veut vous élever au-dessus du siècle. Vous promettez beaucoup, vous dit-il, et l'estime qu'il fait de vous fait qu'il voudrait vous voir dans le monde en la place dont vous êtes digne ; mais Jésus, qui [p. xv] vous estime véritablement, ne voit rien dans le monde qui vous mérite. Car que voyez- [vous] dans le monde qui puisse contenter une âme pour laquelle Jésus-Christ se donne? Quand on vous représente ce que vous valez, n'entrez pas tout seul dans la balance, pesez-vous avec votre prix, et vous trouverez ^ que rien n'est digne de vous que ce qui est digne aussi de Jésus-Christ même. Pretio empti estis : ne vous rendez pas esclaves de la complaisance, ne vous donnez pas à si bas prix ^, ne vous vendez pas pour si peu de chose. « Non, non, mes Frères, dit saint Augustin, ne soyons pas vils à nous-mêmes, nous qui sommes si précieux au Père ^ qu'il nous achète au Calvaire du sang de son Fils ; et encore, n'étant pas content de nous le donner une fois, il nous le verse tous les jours sur ces saints autels : Tnm caros œstimat, ut noh'tf; qnotîdie Unigeniti .sî/i [pretioxissimum] sanguinem Jiindat*. »
Entrons aujourd'liui sérieusement dans une grande estime de ce que nous [p. xvi] sommes en qualité de chrétiens, et que cette pensée nous retienne dans nos crimes les plus secrets. Si vous aviez un témoin, ses yeux vous inspireraient de la retenue. Si vous perdez de vue Dieu qui vous regarde, songez du moins à vousmême ; après le prix que vous coûtez au Sauveur, comptez-vous dorénavant pour quelque chose ; ayez honte de vous-même, à cause de vous-même ; respectez vos yeux et votre présence. Vtuisqiihqiic diguum se exi^timct coram quo si dcJ'utum cogitaverit, cruhcscat'^.