C. Mot récrit en 166G. trottiime sermun des paroles de l' A
7. En IGGG, Bossuet ne pourra pôtrv, comme Bossuet dira tout à
plus conserver cette phrase, car le Theure.
teste sera devenu : Solvitc. templum ]O..Var. : comme un Vieux temple.
Jioc, et in tribus diebus excitabo illud. — Edit. comme un vieux templa
Il corrige donc : « ... et* il me sem- ruineu)^.
ble que saint Aupustiu nous en don- 11. Edit. : * véritable. — C'est lît
ne une belle idée au Sermon m des correction de IGGG.
porn i.K .lorn de paqies. 113
mon de rApôtrc. je jnéleiKls, si Dieu le permet:, Taj)j)rof()iKlir aujourd'hui et en faire tout le sujet de mon discours.
Pour le renouvellement de ce temple, il y aurait, ce me semble, trois choses à faire. Il faudrait en premier lieu, C'iirétiens, non seulement renverser ^ toutes les idoles, mais abolir toutes les marques du culte profane. Il faudrait secondement^ le sanctifier, et en faire la dédicace par quelque mystérieuse cérémonie, par laquelle il fût consacré à un meilleur usage. Enfin, comme nous avons supposé qu'il est ruineux et caduc ', il faudrait entretenir * avec soin ses bâtiments ébranlés, et le visiter souvent ^ pour y faire les réfections ^ nécessaires ^ .
Cœur humain, vieux temple d'idoles, que nous voulons renouveler aujourd'hui pour le consacrer à notre Dieu, tu as été profané par le culte immonde des fausses divinités*: il faut en effacer tous les vestiges'. Étant purgé saintement de toutes ces marques honteuses ^", nous consacrerons [p. 4] toutes tes pensées en les appliquant dorénavant à un plus beau culte, qui sera le culte de Dieu. Mais, comme tu es un édifice antique et imparfait, que la vieillesse du premier homme toujours ^^ inhérente à tes fondements a rendu caduc, jious te visiterons avec soin pour te soutenir ^^ et même t 'accroître, jusqu'à ce que la main de ton architecte te donne enfin dans le ciel la dernière {perfection. Voilà, Messieurs, trois choses imj)ortantes à quoi '^ nous
1. Var. : avant toutes choses non 9. Coirtcliou: etïacei' tuus les
seulement renverser... vestiges * de ce culte irréligieux
•'. Var. : ensuite. (letit)).
:i. Autographe.Fuivant l'usage du 10. Ce mot est de 1666. Non» ne
temps : caduque. De même ] lu'^ loin. croyons pas cependant devoir réta-
4. Correction delOtiU : * soutenir. blir le mot primitif {impures), que
5. Var. : visiter * avec soin (ICiîH). l'auteur cette fois a formellemerit 0. Correction .* * réparations effacé.
(IfiGtJ). 11. Additions (1666) : du premier
7. .k(/(/i<*o« ;* afin que le mystère homme * est attachée bien avant,
de Dieu s'y célèbre défcemment et pour ainsi parler, au comble, aux
avec une religiexise révérence murailles, (nous te visiterons...)
(1666). 12. En 1666: * et réformer tous
S. Addition inachevée (au crayon): les jours ta vieillesse caduque et rui-
(I autant que tu as servi à tes pas- ne use.
ifionB,autant tu... )) — Résuméainsi IH. Var.: Voilà, ilei-»ieur«, à
en 1666 : * a autant de passion*, quoi...
autant d'idolfr". »
Serm/iiis ilp Bnssuêt, — IV, •
114 CARÊME DES CARMKMTES.
oî^.ligo ]e renomcllonient intérieur que je vous prêche: et c'csi^ ce qui fera le partage de ce diK-ours.
Premier Point.
Si noire cœur, Cliréliens, a été un iemi)le d'idole[s], il n'avait \mh été bâti pour ce dessein " par son prenner fondateur; Dieu, qui l'avait formé ' de ses propres niains, l'avait érigé* pour lui-même. Car, ayant bâti l'univers pour être le temple de sa majesté, il avait mis l'homme au milieu, comme un petit monde dans le ^rand monde, comme un [p. 5] petit temple dans le grand temj)le ; et il avait 2-ésolu d'y faire éternellement sa demeure. Mais je ne parle pas assez dignement de la grandeur de ce temple. Il est vrai que les philosophes ont ajipelé l'homme le petit monde; mais le théologien <l"Orient, le grand saint Grégoire de Nazianze'*, corrige cette pensée, comme injurieuse à la dignité de la créatu'-e raisonnable : au lieu que les philosophes ont dit que l'homme est un petit monde dans le grand ^, ce saint évêque, mieux instruit " des desseins de Dieu pour celui qu'il a fait à son image, dit Cju'il est vn grand monde dans le petit nionde * ; voulant nous faire conij)rendre que l'esprit de l'iiomme, étant fait pour Dieu, capable de le connaître et de le posséder, était par conséquent plus grand et plus vaste que la terre, ni que les cieux, ni que toute la nature visible ".
Selon cette belle idée de saint Grégoire, ne puis-je pas dire aussi, Chrétiens, que l'homme était un grand temple dans le fp. 6] petit temple, parce qu'il est bien l)his ca])ab]e de le contenir que toute l'étendue de l'uni-
1. Késumé (1666) ;* Il faut ]>re- disparaître une incorrection :« mieux niiérement purger notre temple : rclniré des desseins de Dieu... » ensuite le consacrer, et enfin le gar- i effact-).
der, l'entretenir (rar.: et enfin l'en- 8. Enmarge,le teste grec : é'teoov
(retenir et le réparer tous les jours V xojijlov ev \j.v/.ùCo (/.s'yav. Lâchât
2. Correction de 1666. Elle rem- l'introduit dans' lé discoiu-s ; mais place poHj- «Z(7 (effacé). rien ne prouve que Bossuet ait en
.'t. Var. : * qui nous a con-'"uit[s]... dessein de le réciter. Deforis le rem-
(lt>6C). plaçait par une traduction latine. 4. Var. : * formé (1666). 9. Lâchât fait disparaître cette
ft. (7ra^ XXXVII, n. 17 syntaxe curieuse, que Deforis avait
G. Addition : dans le grand * conservée. En lOOG. Bossuet n'y
inonde (1666). avait rien changé. Cf. Remarqutf,
T Ce mot est de 1666, pour faire t. TII.
POrn LE JOUR DE PAQUES. 115
vers ? Si le monde le contient comme le fondement qui le soutient et comme le moteur interne qui l'anime \ il est outre cela dans l'homme comme l'objet de sa connaissance et de son amour ; et, pour dire tout en un mot, [il est] en lui comme son principe, comme sa véritable félicité.
L'homme est donc dans son origine le temple de Dieu ^, et il mérite beaucoup mieux ce nom que le monde. Toute la nature s'assemble en lui ', afin que tout l'univers loue Dieu en lui comme dans son temple. C'est pourquoi le même saint Grégoire de Nazianze * l'appelle excellemment adorateur mixte'' ; si bien qu'il n'est pas seulement le temple, il est l'adorateur de Dieu pour tout le reste des créature [s] : Pro eo qiiod nosse non possunt, quasi innotescere velle videntur^ : [p. 7] pour l'inviter à rendre à Dieu l'hommage pour elle [s] ^ ; si bien qu'il n'est le contemplateur de la nature visible que pour être le prêtre et l'adorateur de la nature invisible et intellectuelle.
Qui pourrait vous dire combien la capacité de ce temple a été accrue dans le saint baptême, [p. 8] où nous étions devenu [s] le temple de Dieu par une destination plus particulière ? Jésus-Christ, souverain pontife, nous avait consacré [s] lui-même, et consacré [s]