Ms. : affectations. (Uu des lap- dien^ps
BUS de cette rédaction improvisée.) 5. Edit. : retrancher..., un peu .3. Note marginale : * Ce qui fait modérer... — Cette fois, le sens n'est naître, ce qui nourrit: pâture, ali- plus même respecté. L'auteur veut ment (1666). dire : « Vous avez retranché quelque 4. Note marginale (résumé): Ce chose..., roî/« ««•« un peu modéré ces n'est pas une conversion, parce que douceurs affectées, etc. » On lui fait non une mort. — Introduits de force conseiller ce qu'il déclare insuffidans le texte des éditeurs, ces résu- sant.
POIR LE JOUn DE PAQUES. 119
Jésus-Clirif)l, par une résurrection véritable ^ ; ôter jus- ({u'aux moindres marques, comme Jésus-Clirist a effacé la mortalité et en même temps toutes ses faiblesses.
Autre conversioji défectueuse. \ ous vous êtes corrigé de cette avarice cruelle qui vous portait sans miséricorde à tant d'injustices ; prenez [p. 13] garde " ({u'eile n'ait laissé dans le cœur une certaine dureté et des entrailles fermées sur les misères des pauvres : c'est un reste d'inclination de rapines ; toutes deux viennent (lu principe de cette avarice impitoyable : cette même dureté, qui resserre vos entrailles sur les pauvres, quand elle va jusqu'au bout, fait les injustices et les rapines. Et vous qui avez rompu, à -ce que vous dites, cet attachement vicieux. Je l'ai fait, dites-vous; avec (luelle violence, je ne le puis expirimer. Pourquoi ce reste de connnerce ? pourtjuoi cette danç-ereuse comj)laisance, restes malheuieux d'une flannne mal éteinte ? Que je crains que le péché [ne] soit vivant encore, et que vous n'ayez pris pour la mort un assoupissement de fiuel([ues journées ! Mais, quand vous auriez renoncé sincèrement et de bonne foi, vous n'avez pas achevé l'entier renouvellement de votre cœur, si vous [ne] détruisez pour toujours jusqu'aux moindres vestiges de l'idolâtrie.
Nous pouvons appliquer à de telles conversions ce mot du prophète : « Lacerata est Icâ', et non pervenii... ad finctn judkiiim ^ : La loi a été déchirée, [p. 14] et le jugement n'est pas arrivé jusques à sa fin. » La loi a été déchirée ; il n'y en [a] qu'une partie en ^os mœurs *. La perfection des œuvres chrétiennes ; une certaine plénitude : vous la déchirez ; à cette nouvelle
1. L'orateur, qui se réserve le droit étiez sortis des abîmes éternels, de modifier l'ordre même de ses quelle vie? .. Exhibete vos tunquam pensées, se renvoie à une des pages ex )nortuis rlventes, comme un lioniprécédentes : Vide sup\^ra'\ (p. 10, me venu de l'autre monde. » suns doute). Puis il jette en marge 2. Note marginale de 1666 : * Ces «luelques notes complémentaires : vices f?) épargnés : un attache- (I Jésus-Christ hors du tombeau [ment] secret. (.sup.), véritaVjle et réelle resurrec- .'5. Rnbac., r, 4. tion... Les moindres fibres des in- 4 Edit. : en vos mains. — Lire ce clinations corrompues, de ces intri- pas.sat,''e en tenant compte d'un regue» dangereuses, de ces cabales de maniement indique par des cliifïres, libertinage. A'.r wortu(s yjyente*. Une en suppiiuiant ce fragment (vanouvelle naissance, qui ne vous at- riante) : (( Mais d'où vient que ce tache plus à, rien .sur la terre. Si voui jugemeut est si imparfait ? ,)
12i rARÊME SES CARMÉLITES.
tuniqu« «|ui vous «st rendue \ vous cousez itu vieux lambeau de inondanité, as.sumeuium punni rudis ' ; de là, fournie une ïuite, que le juueinent n'est pas foiisonuné. La conversion est un jugement contre le péché : [le péché] a tort en tous ses ilesseins ; le jugement jusques à sa fin, c'est de condannier le péché jusqu'à ses dernières circonstances. Il a gagné quelque partie de sa cause (il n'y en avait jioint de i)lus déplorée) : c'est assez pour lui donner la victoire, parce que le penchant du cœui', qui paraît dans cette réserve, le fera bientôt revivre avec sa première autorité^.
Faites donc une conversion sans réserve : ne laissez ])as un germe secret qui lasse revivre cette mauvaise Jierbe ; ôtez à votre péclîé toute espérance de retour ; conane [Jésus-Christ] a détruit sans réserve la mortalité, arrachez l'arbre avec tous ses rejetons : guérissez la maladie avec tous ses symptômes dangereux ; renversez les idoles avec toute leur dorure et leurs ornements. Commençons la consécration du temple.
Deuxième Point.
[P. i] La consécration^ de notre temple, c'est une sincère destination de toutes les facultés de notre âme à un usage plus saint ; et c'est un effet de la charité, (jui est répandue en nos cœurs par le Saiiit-Esj)rit qui nous est donné ^. C'est pourquoi saint Paul, ayant dit ([ue «nous sommes les temples de Dieu : Ac.sc/f/.s quid tcmpluni Dcî cathf )> ajoute aussitôt après : Et Spiritus l)ei habitat in vobis *", parce que nous [ne] sommes les temples de Dieu qu'en tant que cet Esprit de charité règne en nous. Connue c'est un amour profane qui érige eu nos cœurs toutes les idoles, ce doit être un saint amour qui rende aussi à Dieu ses autels.
Entendez, ô Chrétiens ! quelle est la force de l'amour: c'est l'amour qui fait votre Dieu, parce que c'est lui
1 . Yur. : à la sainte nouveauté de -J. En marge : Cum enmplesstt .Si-la loi. ZoOTO.-i /u/idcJi*- pj-eces, iffiiia dmceudit
2. Marc, ll, 21 ; Matth., IX, 16. Je oelo,... et miiestas Bomini imple-
3. Première rédaction : Mais d'où vit domum. [li" Paraj t7]. ] 'i vient que ce jugement est si impar o. Rom., v, i.
fait ? La loi a été déchirée... «i. I Cor., n;, 16.
qui donne l'empire du cœur. DUigen^ Dornhmyn Dcion tuum^ : c'est la marque qu'il est notre Dieu, c'est le tribut qu'il demande ; c'est la marque aussi de son abondance et de sa grandeur infinie ; car ceux qui n'ont besoin de rien, ils ne désirent autre cliose sinon qu'on les aime. Aussi, quand on ne peut rien donner, on tire de son cœur pour s'acquitter en aimant.
[P. Il] D'ailleurs, le nom de Dieu est un nom de roi et de père tout ensemble ; et un roi doit régner par inclination, connne un tyran par force et par violence. La crainte forcée nous donne un tyran ; l'espérance intéressée nous donne un maître et vui patron, comme on parle présentement dans le siècle ; l'amour, soumis par devoir et par p[rinci]pe d'inclination ', donne à notre ca'ur un roi légitime. David plein de son amour : « Exaltabo te, Deus, viens rex, et benedicain '^ : Je vous exalterai, ô mon Dieu, mon roi » ; mon amour élèvera un trône. Et, en effet, l'amour est le principe des inclinations.
Dieu [est] le premier principe et le moteur universel de toutes les créatures ; c'est l'amour aussi qui fait remuer toutes les inclinations et les ressorts du cœur les plus secrets : il est comme le dieu du cœur. Mais, afin d'empêcher cette usurpation, il faut qu'il se soumette lui-même à Dieu, afin que, notre grand Dieu étant luimême le Dieu de notre amour, il soit en même tempo le Dieu de nos cœ'urs, et que nous lui puissions dire avec l^avid '' : Deia cordîs met et pars mco, Deus, in ictcr-
C'est le seul fruit du renouvellement : Innovatus omet nova "^ . O temple renouvelé ! il faut qu'un nouvel amour te donne aujourd'hui un nouveau Dieu : il est le Dieu éternel de toutes les créatures ; mais, pour ton grand mallieur, il ne commence que d'aujourd'hui à être le tien.
1. Les éditeurs renvoient plus loin dit : Qvld mih i est in cœlo. et n te quid ce passage. voJul supei- ti-rrum f — A te. pi œter
2. Matth., XXII, 36. te. — Dvfecit caru mea et cor meum: R. Édit. : par inclination. Ha ! mon cœur languit après vous 1 4. Ps. c'XLiv. 1. Deus coi-(lis mei. etc. »
ô. Ps. Lxxir. 26. 7. S. Aug., /n Ps. xxxix, n. 4.
G. Nute inan/'inale: K Après avoir
[P. iiij \ enez donc, ô charité sainte, venez, ô amour divin, pour consacrer notre temple. Mais par quelle sainte cérémonie fera-t-il cette mystérieuse consécration ? En faisant résonner dans ce nouveau temple le cantique des louanges du Dieu vivant ; c'est-à-dire en remplissant d'une sainte joie toutes les puissances de notre âme. « Le cantique de la joie du siècle, mes Sœurs, c'est un langage étranger que nous avons appris dans notre exil : Cunticum dUectionis scculi Jiiijus, lingua harhara est quam in captivitatc didiciuius ^ » ; c'est le cantique du vieil Adam, qui, ayant perdu le ciel ", cherche une misérable consolation.' Si vous avez en vous-mêmes l'esi^rit de Jésus, cet esprit de résurrection et de vie [p. iv] nouvelle, ne chantez plus le cantique des plaisirs du monde ^ : en l'honneur de l'homme nouveau qui ressuscite aujourd'hui des morts et f|ui nous ouvre le chemin à la nouveauté spirituelle, « cantate Domino cunticum novum *, chantez à Dieu un nouveau cantique )> ; cliantez à Dieu le cantique de la nouvelle alliance ; chantez le nouveau cantique que l'Église entonne aujourd'hui, cantifjue d'allégresse spirituelle et de liesse divine. « Alléluia'' : Louange à Dieu ! » louange à Dieu dans les biens et ^ dans les maux ; louange à Dieu quand il nous frappe, louange à Dieu quand il nous console ; louange à Dieu quand il nous couronne, louange ù Dieu quand il nous châtie ! C'est le cantirjue de l'homme nouveau ; c'est celui qui doit résonner au fond de nos cœurs dans la dédicace de notre temple; ce doit être notre cantique, Amen, alléluia, dans cette consommation, dans cette réduction de toutes les lignes à leur centre, de toutes les créatures à leur p[rinci]pe.
J'ai appris dans l'Apocalypse ^, que ce cantique d'Al- Icluia, c'est le cantique des bienheureux, et par conséquent le nôtre : car la vie que nous [menons] ' doit
1. s, Aufr, /" Pf ex XX VI. n. 17. 5. En marge /'rcfU7né): * Allrhnn