Var. : si vigoureux. médiatement
4. Ces quatre lignes ne se retrou- 5. 1 Parai., xxix, 23. — Ms. : et veront pas dans le sermon sur la plccuit omnibus.
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qu'il eut rendu ce jugement mémorable, écoutez ce qu'ajoute le texte sacré : Tout Israël, dit la même Écriture, apprit le beau jugement que le roi avait rendu ; et ils craignirent le roi^ voyant que la sagesse de Dieu était en lui ^. [p. x] Sa mine haute et relevée le faisait aimer : sa^ justice le fait craindre de cette crainte de respect ^ qui ne détruit pas l'amour, mais qui le rend plus retenu et plus circonspect. Les bons respirent sous sa protection, les méchants appréhendent ses yeux et son bras ; et il résulte de ce beau mélange une certaine révérence qui a je ne sais quoi de religieux, et dans laquelle consiste le véritable caractère de la majesté.
Mais, Messieurs, il faut finir et vous dire que la puissance, après avoir fait son devoir en soutenant la justice, a encore une dernière obligation, qui est celle de soulager la misère. En effet , ce n'est pas en vain que Dieu fait luire sur les grands du monde un rayon de sa puissance toujours bienfaisante. Ce grand Dieu, en les revêtant de l'image de sa gloire, les a aussi obligés à imiter sa bonté ; et ainsi, dit excellennnent saint Grégoire de Nazianze'^ prêchant à Constantinople en présence de l'empereur, ils doivent se montrer des dieux en secourant les affligés et les misérables.
J'ai remarqué dans les saintes Lettres que Dieu se moque souvent des idoles qui portent si injustement le titre de dieux ; mais, entre les autres reproches par lesquels il se rit des peuples aveugles qui leur donnent [p. xi] un nom si auguste, celui-ci me semble fort considérable : Oïl sont vos dieux, leur dit-il, dans lesquels vous avez mis votre confiance ^ ? Si ce sont des dieux véritables, « qu'ils viennent à votre secours et qu'ils vous protègent dans vos besoins: Surgant et opitulentur vohis ^. » Ce grand Dieu, ce Dieu véritable et seul digne par sa bonté de la majesté de ce titre, a dessein
1. En marge : Audivit itaqueomnis 3. Ms. : respec. Israël judicium quodjudicasset rex, 4. Orat. xxvii.
et timuerunt rcgem, videntes mplen- 5. En marge : Ubl sunt dii eorum,
tiam Bel esse in eo ad faciendum in quihiis habehantjîduciam? ... Sur-
judicium (III Reg., m, 28). çaju et opitulentur robis, et in neces-
2. Edit. : Mais sa justice. Mais est sitate vos protegant ! souligné, c'est-à-dire effacé. (5. Deuter.. xxxn, 37, 38,
de nous faire entendre que c'est une indignité insupportable de porter le nom de dieu sans soutenir ce grand nom ^ par de grands bienfaits ; et de là les grands de la terre peuvent aisément comprendre qu'ils seront des idoles inanimées et non des images vivantes de l'invisible majesté de Dieu^, s'ils se contentant de recevoir les adorations ", de voir tomber les victimes à leurs pieds, sans cependant étendre le bras pour faire du bien aux hommes et soulager leurs misères.
Il y a de telles rencontres où c'est une cruauté que d'exiger une dette*. Le sage Néhémias avait bien compris cette obligation lorsque, ayant été envoyé par le roi Artaxerxès pour régir les Israélites, dont il fut le gouverneur pendant douze ans, il se mit à considérer l'état et les forces de ce peuple. Il vit que les gouverneurs qui l'avaient précédé dans cet [p. xii] emploi avaient beaucoup foulé ce pauvre peuple, mais surtout que leurs ministres insolents, comme il est assez ordinaire ^, l'avaient tout à fait abattu : Duces autem primi qui fuerant ante me grav avérant populum... ; sed et ministrî eorum depresserunt popidum ^. Il fut donc touché de compassion, voyant ce peuple fort épuisé ^ : Valde enim attenuatus erat populus ^. Il se crut obligé en conscience de chercher ^ tous les moyens de le soulager ; il ne fit pas seulement de grandes largesses, mais il crut qu'il devait remettre beaucoup de droits qui lui étaient dus légitimement; et après, plein de confiance en la divine bonté, qui regarde d'un œil paternel ceux qui se plaisent à imiter ses miséricordes, il lui adresse du fond de son cœur cette humble prière : « Mon Dieu, souvenez-vous de moi en bien, selon le bien que j'ai fait
1. Var. : un si grand nom. point. — Cf. Histoire critioue de la
2. Yar. : qu'ils seront, non des Prédication de Bossiiet, p. 2n0.) images vivantes, mais des idoles 5. Var. : mais surtout, comme il inanimées de .. — La correction est assez ordinaire, que leurs minissemble plus récente. très insolents...
3. Yar. : de recevoir — humer l'en- G. II Esdr.. v. 15. — Ms. : qui ante cens (le dernier ejfacé). nos fnerunt ..
4. Cette phrase est une addition 7. Yar. : fort atténué, interlinéaire. Elle doit avoir été écri- 8. II Esdr., v, 18. — Ms. : Quia te lorsque l'auteur se préparait à attenuatus erat populus.
faire entrer ces nobles exhortations 9. Yar. : il chercha tous les moyens
dans le sermon svr la Justice. (3^ de le soulager, il leur remit même.
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à ce peuple : Mémento mei, Deiis meus^ in bonum, secundum omnîa quse feci populo liuic^. »
Il n'est pas permis aux particuliers d'entrer plus avant dans le détail, ni d'entreprendre de faire la loi qu'ils doivent recevoir avec respect^. Je ne pense pas qu'un homme de bien puisse jamais entrer en doute de la volonté du Prince à soulager promptement les peuples ^..