Rom., xiTi, 4. (sur le f» 133, en commençant par le
faiblesse de notre mortalité, nous y vo3'ons subsister une force si redoutable, combien plus devons-nous trembler devant la souveraine majesté de Dieu ^ ! Car la plus grande puissance ^ qui soit dans le monde peutelle, après tout, s'étendre plus loin que d'ôter la vie à un homme ? Hé ! Messieurs, est-ce donc un si grand effort ^ que de faire mourir un mortel, et de hâter de quelques [p. 21] moments une vie qui se précipite d'elle-même*? Si donc^ nous craignons celui qui, ayant fait mourir le corps, a épuisé son pouvoir et mis à bout sa vengeance par son propre usage, combien plus, dit le Sauveur ^, doit-on redouter celui qui peut envoyer et Vâme et le corp$ dans une gêne ^ éternelle !
verso), ce passage n'est point barré au crayon : mais c'est précisément parce que, n'ayant pas été repris, il ne faisait pas double emploi, et qu'il est conservé comme document, à titre de variante. Le voici intégralement : c( Par conséquent, Chrétiens, vivons dépendants de Dieu.
Nous avons ici l'honneur de parler devant les puissances souveraines : apprenons notre devoir envers Dieu par celui que nous rendons à ses images. Qui de nous ne fait pas sa loi de la volonté du Prince ? Ne mettons- [nous] pas notre gloire {irir. : Qui de nous ne met pas sa gloire) à lui obéir, à prévenir même ses commandements, à exposer notre vie (var. : sa vie) pour son service ? Qu'avons-nous de plus précieux que les occasions de signaler notre obéissance ? Tous ces sentiments sont très justes ; tous ces devoirs, légitimes. Le Prince n'a que Dieu audessus de soi ; après Dieu, il est le jjremier ; il a en main sa puissance, il exerce sur nous son autorité. Mais enfin il n'est jDas juste que le sujet de Dieu soit mieux obéi que Dieu 7nême, et la seconde Majesté mieux servie et plus révérée que la première. Il est vrai que le Prince a le glaive en main pour se faire craindre ; on ne lui résiste pas impunément {var.: Il est vrai que quiconque offense le Prince ne le fait pas impunément). Il découvre, dit Salomon, les plus secrètes intrigues {var.: menées) : les oiseaux du ciel lui rapportent tout (Eccle., x, 20), et vous diriez qu'il devine, tant il est malaisé de lui rien cacher {var. :
d'échapper ses yen:x;) : Divinatio in lahiis régis., dit le même Salomon ( Prov., XVI, 10^. Après, il étend ses bras, et il déterre ses ennemis du fond des abîmes où ils cherchaient contre lui un vain asile : sa présence les déconcerte, son autorité les accable. Que si, dans cette faiblesse... »
C'est cette longue variante qui a été préférée dans le sermon prononcé.
{Revue Bossuet, p. 96).
Ce fragment est précédé d'un renvoi à la page 6, se rapportant au brouillon. Il s'agissait de décrire la liberté véritable. Le développement se retrouve p. 14 et 15 de la mise au net. — Le surplus de cette première rédaction, jusqu'à la fin du 1 ^' point, est conforme au texte définitif, sauf quelques variantes de détail, que nous donnerons en note, sous la rubrique: Prejnière rédaction.
Par un caprice bizarre, les anciens éditeurs l'ont préférée à la seconde.