‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 124 sur 532 · Var. : dans. pour remplacer qu'on a usurpé · texte numérisé non relu

Var. : dans. pour remplacer qu'on a usurpé

2. Ezech., VII, U. 4. Mot souligné, et toutefois non 8. Yar. : (on ne songe) à restituer remplacé.

le bien qu'on a usurpé. — G-andar : 5. Confess., xil, 16.

le bien d'autrui que [nous avons] 6. Ici un paragraphe interpolé,

usurpé. Cet habile critique n'a pas même dans G-andar, où il est du

pris' garde ici que d'autrui est mis moins abrégé : « La chair qui est

Je ne rougirai pas, Chrétiens, de vous rapporter en ce lieu les paroles d'un auteur profane, et de confondre par la droiture de ses sentiments nos détours et nos artifices : « Quand nous doutons, disait l'Orateur romain, de la justice de nos entreprises, c'est une bonne maxime de s'en désister tout à fait; car l'équité, poursuit-il, reluit assez d'elle-même, et le doute semble envelopiDer dans son obscurité quelque dessein d'injustice : Bene prœcipiunt qui vêtant quidquam agere^ quod dnhites œquum sit an iniquum : œquitas enim lucet ipsa per se; duhitatio autem cogitationem significat injuriae ^. )> Voilà ce qu'a dit celui [qui n'a rien su de la première institution ni de la dépravation de notre nature ^..]

Et en effet, Chrétiens, nous trouvons [p. 20] ordinairement que ce qui a tant besoin de consultation a quelque chose d'inique ; le chemin de la justice n'est pas de ces chemins tortueux qui ressemblent à des labyrinthes, où on craint toujours de se perdre : « C'est une route toute^droite, dit le prophète Isaïe ; c'est un sentier étroit, à la vérité, mais qui n'a point de détour : Semita justi recta est^ rectus callis justi ad amhulandum^ . » Voulez- vous savoir, Chrétiens, le chemin de la justice? Marchez dans le pays découvert, allez où vous conduit votre vue : la justice ne se cache pas, et sa propre lumière "^ nous la manifeste. Si vous trouvez à côté quelque endroit obscur et embarrassé, c'est là que la fraude se réfugie, c'est là que l'injustice se met à couvert, c'est là que l'intérêt dresse ses embûches. Toutefois je^ ne veux pas dire qu'il ne se rencontre quelquefois des obscurités, même dans les voies de la justice. La variété des faits, les changements de la discipline, le mélange des lois positives font naître assez souvent des difficultés [p. 21] qui obligent de consulter ceux à qui Dieu a

condamnée... » (voy. t. lY, p. 49). dubiefas autem...

C'est un emprunt au sermon des 2. Bossuet se contente d'indiquer

Carmélites. Il y a un signe de ren- le développement par les premiers

voi. mais non pas de la façon de mots. C'était une réminiscence d'une

Bossuet. La main de Deforis se tra- citation de saint Aug^ustin, que nous

hit en outre par le r\° 19 écrit sur le avons donnée, t. lY, p. 550.

feuillet de 1661. On était à la page 3. Is., xxvi, 7.

19 du manuscrit de 1666. 4. Yar. : simplicité. 1. Cicer.. De Offic, I, 29. — Ms. :

confié le dépôt de la science. ]\Iais il ne laisse pas d'être véritable, et nous le voyons tous les jours par expérience, que les consultations empressées nous cachent ordinairement quelque tromperie ; et je ne crains point de ^ous assurer que, pour régler notre conscience sur la plupart des devoirs de la justice chrétienne, la bonne foi est un grand docteur qui laisse peu d'embarras et de questions indécises.

Mais notre corruption ne nous permet pas de marcher par des voies si droites : nous formons notre conscience au gré de nos passions ; et nous cro3'ons avoir tout gagné, pourvu que nous puissions nous tromper nousmêmes. Cette sainte violence, ces maximes vigoureuses du christianisme, qui nous apprennent à combattre en nous la nature trop dépravée, sont abolies parmi nous. Nous faisons régner ^ en leur place un mélange monstrueux de Jésus-Christ et du monde ; des maximes moitié saintes et moitié profanes, moitié chrétiennes et moitié mondaines, ou plutôt toutes mondaines et ' toutes profanes, parce qu'elles [x3. 22] ne sont qu'à demi chrétiennes et à demi saintes. C'est pourquoi nous ne voyons presque plus de piété véritable : tout est corrompu et falsifié, et si Jésus-Christ revenait au monde, il ne connaîtrait ^ plus ses disciples, et ne verrait rien dans leurs mœurs qui ne démentît hautement la sainteté de sa doctrine.

Troisième Point.

Parmi ces désordres infinis ^, et pendant que nos passions et nos intérêts nous séduisent de telle sorte que nous éteignons dans nos consciences les lumières de la vérité, nous aurions besoin. Chrétiens, que de puissants avertissements pénétrassent vivement notre

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