Ce mot remplace trompeurs de du discours
Dimanche des Rameaux, 18 avril 166G.
Bossuet avait d'abord songé à traiter ce sujet huit jours plus tôt. Un cahier de Remarques morales, dont la table sert aujourd'hui d'enveloppe à notre sermon i, contenait, marquées du chiffre 14, des pensées et des citations sur la justice, sur la clémence, dont le discours s'est inspiré: or ce chiffre 14 nous ■conduirait au dimanche de la Passion, si la série des jours de prédication était complète, à compter du 2 février, fête de la Purification. Le brouillon même du sermon sur la Justice atteste l'intention dont nous parlons. Le second exorde avait d'abord pour texte: Et si ego judico (lisez :.,. si judico ego...), judicium memn verum est: paroles tirées du chapitre de l'Évangile de saint Jean (viii, 16) , que l'Église fait lire à la messe du ■cinquième dimanche de Carême,
Il est resté de cette première rédaction, outre le second exorde modifié, un premier et un troisième point ~, dont l'auteur s'écarte quelquefois assez loin dans sa composition définitive. Nous reconnaîtrons dans ces modifications les mêmes vérités courageuses qui n'avaient pu être prêchées dans la troisième et la quatrième semaine (s^ir la Charité fraternelle , sur VAmhitioîi) ; il est glorieux à Bossuet d'avoir voulu à tout prix les faire
1. Ms. f r. 12823, fos 233-266. In-4. la page 11 de ces Remarques morales.
Marge d'un quart dans la première Le passage est imprimé dans les
rédaction, d'un tiers de la page dans Pensées chrétiennes et morales {T,ti-
la seconde. — Voici cette table (fo chat, t. X, p. 618, n. xxa") : « De la
233) : (( Diverses remarques et ex- Préoccupation. — Les ennemis de la
traits des Pères. — Clém. Alexand., justice... » C'est là que nous le don-
Pœdaç., p. 1, 4. — Ex Greg. VII, nerons nous-même, à la suite des
î]p. 1.2. — G-reg. Nyss., De Prof. >Ser?no?!*-, mais en corrigeant le texte
ckristiana. Item De perfect. chri- d'après le manuscrit, comme nous
Miani forma, p. 2, 11. — Ex Hilar.. l'avons fait dans Y Histoire critique
p. 5, 6, 7, 8, 9. — G-reg. Naz.. 07-at. de la Prédication de Bossuet, p. 5.
XV, p. 12: — XVII, p. 13. — Ex Une autre Pensée chrétiemie et mo-
Synesio ; — Greg. Naz. ; — Basil. : raie se trouve annexée au manuscrit
— Cyrill.Hieros., p. 15,16. — Basil., du sermon sur la Justice (f» 235).
De sancta Virffinit.. pAG. 17,18. I9.y> Elle est aussi imprimée (dans le
'(La pagination'indiquée est celle du n. xxvii des éditions modernes,
•cahier.) Lâchât, t. X, p. 620) : (( Le zèle de
Et au bas de cette feuille :<( Les la justice... » Elle ne paraît pas
remèdes des chrétiens mourants. Le avoir fait partie du cahier que nous
triomphe des funérailles chrétien- venons de mentionner.
nés. » 2. Premier point d^e rédaction).
Dans la première rédaction du ffs 256-263. -^ Troisième point (Ire
premier point, Bossuet renvoyait à rédaction), f os 263,252, 264, 265.
entendre à son auditoire. Il le fit sans blesser aucune susceptibilité, et la Gazette mentionne « l'excellente prédication » de ce dimanche.
Excellentes aussi étaient les pages qu'il avait sacrifiées. Nous les donnerons en note. Deforis ne l'entendait pas ainsi. Fidèle à son système, il incorpore, autant qu'il peut, la première rédaction dans la seconde, et compose à sa façon un sermon trè& long, disproportionné, légèrement incohérent, où Bossuet aurait été bien empêché de reconnaître son œuvre. Par exemple, le troisième point, sous sa forme primitive, se terminait à cette phrase: «... promet de le récompenser éternellement par la participation de sa gloire, où nous conduise... : » Deforis imagine de retrancher les derniers mots, après éternellement, et il continue en insérant à la suite la rédaction définitive presque entière !
M. Lâchât, qui a reconnu, cette fois, ces interpolations systématiques, s'engage à les corriger. Mais, toujours négligent dans l'exécution, il ne voit pas, dans le troisième point, que, des deux rédactions, la première en date est évidemment celle où l'auteur reprend lui-même un feuillet i, pour abréger d'autant son travail : il a fait autrement que Deforis et les éditeurs de Versailles; cela suffit. M. Gazier, qui, en 1882', a donné pour la première fois, dans son Choix de Sermons de Bossnet, un texte acceptable, a pu dire, sans trop de sévérité que Lâchât n'avait pas fait mieux que Deforis. A la même date, M. Brunetière faisait entrer ce discours dans un autre recueil de Sermons choisis. Il le rapprochait avec raison, en plusieurs passages, de passages analogues qu'on lit dans la Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, œuvre de Bossuet publiée cinq ans après sa mort. Il faut regretter fiue son zèle en soit venu à cet excès de corriger par le texte de la Politique celui du sermon. C'est de l'édition critique de M. Gazier que la nôtre s'éloigne le moins. Nous n'avons eu à la rectifier que sur quelques interprétations de détail, ou sur quelques leçons où elle a été encore trop fidèle, selon nous, aux errements des précédents éditeurs.
1. L'ancien troisième point était iv deviennent les pages 29 et .80. Il
paginé à part, en chiffres romains ; y avait là nne indication si claire,
le nouveau continue la pagination qu'on s'étonne qu'on ait tant tardé
des deux premiers. Les pages m et à en tirer parti.
Exulta 1 satls, fiUa Sion ; jubila, filia Jérusalem t ecce Rex tuus venit, tïhi justus et salvator.
Réjouissez-vous, ô Jérusalem: votre Roi juste et sauveur vient à vous.
(Zach., IX, 9.)
La prophétie que j'ai récitée se rapporte manifestement à l'entrée que fait aujourd'hui le Sauveur des âmes dans la ville de Jérusalem. Le prophète, pour célébrer dignement le triomphe de ce Roi de gloire, lui donne ces deux grands éloges, qu'il est juste et qu'il est sauveur; c'est-à-dire qu'il unit ensemble, pour l'éternelle félicité du genre humain, ces deux qualités vraiment royales, ou plutôt vraiment divines, la justice et la bonté.
Au bruit des acclamations que fait retentir le peuple juif en l'honneur de ce roi juste et sauveur, je me sensinvité. Messieurs, à vous parler en ce jour ^ de ce puissant appui des choses humaines, je veux dire la justice ; et de vous la faire voir comme elle doit être, avec le nécessaire tempérament de la bonté et de la clémence..
De ^ tous les sujets que j'ai traités, celui-ci me paraît le plus profitable; mais je ne puis vous dissimuler qu'il m'étonne par son importance, et m'accable presque de son poids. Car, encore que la justice soit nécessaire à tous les hommes, dont elle doit faire la loi immuable, il est vrai qu'elle enferme en particulier les principales* obligations des personnes les plus importantes. Et, Mes-
1. Outre le texte que nous avons tous les hommes, dont elle doit êtresignalé dans la notice de ce sermon la règle immuable ; je parle bien ^Si ego jiidico...J, Bossuet avait (var.: beaucoup) plus encore aux songé à en prendre un autre dans grands et à tous ceux qui ont en l'évangile du jour : Dic'dejiliœ Sion: main quelque partie de l'autorité du Ecce Rex tuus venit (ms. : veniet^ Prince ; «t ce qui serait capable decorrigé, et le grec cité à l'appui : m'étonner, si je ne considérais quel îp/sxai) tihi mansuetus (Matth.. est le monarque qui m'écoute, c'est xxi.5). — C'était l'accomplissement que je parle principalement des dede la prophétie, à laquelle il prend voirs du Prince même. ))
enfin le parti de remonter. 4. Souligné ; mais c'était sans^