‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 132 sur 532 · V-ar. : aujourd'hui. doute à cause de principalement qui · texte numérisé non relu

V-ar. : aujourd'hui. doute à cause de principalement qui

3. Phrase effacée : « En parlant de se trouvait dans la même phrase, et la justice je parle généralement à qui a été remplacé par e«joa?ticî<Zier;

:sieurs, je n'ignore pas avec quelle considération ^ et •quelle crainte on doit non seulement traiter, mais en- <;ore regarder tout ce qui les touche, même de loin et <en général. Mais, Sire, votre présence, qui devrait m 'étonner dans ce discours, me rassure et m'encourage. Pendant que toute l'Europe admire votre justice, et -qu'elle est le plus ferme fondement sur lequel le monde se repose ^, vos sujets ne connaîtraient pas le bonheur qu'ils ont d'être nés sous votre empire, s'ils appréhendaient de parler devant leur monarque d'une vertu qui fait sa gloire aussi bien que sa plus puissante inclination. Je confesserai toutefois que, si j'étais dans une place en laquelle il me fût permis de régler ^ mes paroles suivant mes désirs, je me satisferais beaucoup davantage en faisant des panégyriques qu'en propos [ant] des instructions. Mais, comme le lieu où je suis m'avertit que je dois ma voix toute entière au Saint-Esprit qui m'ouvre la bouche, j'exposerai aujourd'hui, non point mes pensées, mais ses préceptes, avec cette secrète satisfaction, qu'en récitant ses divins oracles en qualité de prédicateur, je ne laisserai pas de rendre en mon cœur un hommage profond à votre justice en qualité de sujet''. Mais je m'arrête déjà trop longtemps: affermi par cette pensée, je cours où cet Esprit toutpuissant m'appelle ; et je cours premièrement à luimême, pour lui demander ses lumières par les saintes intercessions de la bienheureuse Vierge : Ave, Maria.

1. Var. : avec quel respect. G-azier : Veniet) in diebus ejus justitia

2. Var. : et qu'elle est le plus fer- et abundantia pacis (Ps. LXXI, 7). me fondement sur lequel elle (l'Eu- Misericordia et verltas custodiunt rope) se repose. — Première rédac- reçem, et roboratur (ms. : Jîrmatur : tion : et se repose sur votre équité éàit G<iz\er : firmatus eitt) clementia et sur votre foi de ses plus grands thronus ejris {'PYOv.,x\,2S).'Pavlons, intérêts. donc aujourd'hui de la justice, mais

3. Souligné ; non remplacé. une justice tempérée ; et parlons-en

4. Cette louange délicate, d'ail- d'autant plus, s qu'en parlant de la leurs méritée sur ce point important, justice, nous lui pai'lerons de ce qu'il nous fait pressentir d'utiles leçons. aime et de ce qui fait sa plus grande — Dans un premier projet d'avant- gloire. » {Ave...) — Quand est venu propos, esquissé en marge du second le moment d'écrire un avant-propos exorde, l'orateur avait indiqué ainsi définitif, l'auteur s'est empressé de qu'il suit sa pensée, où déjà cet éloge barrer celui-ci, qui, n'étant qu'un devait trouver place :C(.4?7an^propos. simple projet, ne saurait être com- Le règne de Jésus-Christ, règne de paré avec la rédaction soignée que ïustice et de bonté. L'une et l'autre nous lisons dans le texte.

dans notre prophétie. Orietur (Edit.

SUR LA JirSTICE. 161

[P. 1] Quand je nomme la justice, je nomme en même temps le lien sacré de la société humaine, le frein nécessaire de la licence, réquitable ^ tempérament de l'autorité et le soutien ^ de la sujétion. Quand la justice règne, la foi se trouve dans les traités, la '^ netteté dans les affaires, l'ordre dans la police : la terre est en repos^ ; le ciel même,pour ainsi dire, nous luit plus agréablement^ ; et nous envoie de plus douces influences. La justice est la vertu principale et le commun ornement des person- Jies publiques et [des] particuliers ; elle commande dans Jes uns, elle obéit dans les autres ; elle renferme chacun dans ses limites ; elle oppose ^ une barrière invincible ^ux violences et aux entreprises ; et ce n'est pas sans raison que le Sage lui donne la gloire de soutenir les trônes et d'affermir les empires, puisque en effet elle affermit ' non seulement celui des princes sur leurs sujets, mais encore celui de la raison sur les passions, et celui de Dieu sur la raison même : Justitîa flrmaUir solhim ^. [p. 2] Faisons paraître aujourd'hui cette reine des vertus dans cette chaire royale, ou plutôt dans cette chaire évangélique et divine où Jésus-Christ, qui est appelé par le prophète Joël le Docteur de la justice, en enseigne les maximes à tout le monde : Dédit vohis Doctorem justitiœ \

Mais si la justice est la reine des vertus morales, elle ne doit point paraître seule; aussi ^° la verrez-vous ^^ dans son trône servie et environnée de trois excellentes vertus, que nous pouvons appeler ses principales ministres, la constance, la prudence et la bonté ^^.

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