‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 165 sur 532 · Citation inexncte. Deforis ren · texte numérisé non relu

Citation inexncte. Deforis ren

dimitte ilUs : non en'im sciunt quid faciunt^.y) Vous voyez que, non content de leur pardonner, sa divine bonté les excuse : il plaint leur ignorance plus qu'il ne blâme leur maîlice ; et, ne pouvant excuser la malice même, il offre pour l'expier la mort qu'ils lui font souffrir, et les rachète du sang qu'ils répandent : Ipso redemptî sanguine quem fuderunt ^.

[P. xii] A la vue d'un tel excès de miséricorde, aurons-nous l'âme ^ assez dure pour ne vouloir pas aujourd'hui et excuser tout ce qu'on nous a fait souffrir pai* la faiblesse, et pardonner"^ tout ce qu'on nous a fait souffrir par la malice "* ? Chrétiens, ceux qui nous haïssent et nous persécutent ^ ne savent en vérité ce qu'ils font. Ils se font plus de mal qu'à nous : leur injustice nous blesse, mais elle les tue ; ils se percent euxmêmes le sein pour nous effleurer la peau. Ainsi nos ennemis sont des furieux qui ne savent ce qu'ils font ; qui voulant nous faire boire, pour ainsi dire, tout le venin de leur haine, en font eux-mêmes un essai funeste, et avalent les premiers le poison qu'ils nous préparent. Que si ceux qui nous font du mal sont des malades emportés, pourquoi les aigrissons-nous par nos vengeances, et que ne tâchons-nous plutôt à les ramener à leur bon sens par la patience et par la douceur ? Mais nous sommes bien éloignés de ces charitables dispositiops : bien loin de faire effort [p. xiii] sur nous-mêmes pour endurer une injure, nous croirions nous dégrader et nous ravilir, si nous ne [nous] piquions d'être délicats, si peu qu'on nous blesse. Aussi poussons-nous sans bornes nos ressentiments : nous exerçons sur ceux qui nous fâchent des vengeances impitoyables ; ou bien nous nous plaisons de les accabler par une vaine ostentation d'une patience et d'une pitié outrageuse ^, qui ne se

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