EXORDE POUR LE JOUR DE PAQUES
25 avril 1666.
La chapelle royale de Saint-Germain, à la différence de celle du Louvre, jouissait de certains privilèges paroissiaux. Par exemple, il s'y donnait un sermon aux jours des très grandes fêtes, qui sont exceptés dans les concessions de chapelles privées. Dans l'A vent du Louvre, il n'y avait eu de sermon ni à la Toussaint, ni à Noël; nous en trouverons un pour chacune de ces deux fêtes dans l'Avent de Saint-Germain, en 1669. Le Carême du Louvre ne comprenait pas de prédication pour le jour de Pâques; celui de Saint-Germain se termina par un discours sur cette solennité. Il fut, ce semble, improvisé en grande partie. L'orateur relut, à cette intention, le sermon prêché aux Carmélites en 1661. On voit par les corrections de détail, ajoutées à cette occasion et que nous avons données dans les notes (t. IV, p. 109 et suiv.), qu'il médita l'œuvre entière, et le sommaire même. L'avantpropos seul n'en contient aucune. On en va voir ici la raison : c'est qu'un autre fut composé pour 1666. Le début, surtout dans une circonstance solennelle, était chose délicate : Bossuet ne l'abandonnait pas au hasard de l'inspiration du moment. Il pouvait compter sur elle, une fois entré en matière ; il ne voulait pas s'exposer à se lancer, au début, dans une fausse direction.
Cet avant-propos ^ se termine par l'invitation de dire avec l'Église le Regina cœli. Il faut entendre sans doute que cette antienne était chantée par une maîtrise.De même, pour l'O Crux, ave, dans le sermon précédent : s'il n'y en a pas dans la Passion du Louvre, c'est apparemment l'absence d'exécutants qui aura amené la suppression de l'avant-propos, dont ce chant aurait été la conclusion.