Engagements^ liaisons, attache- qu'il formait redite
ments. Bossuet a ici en vue les liai- 4. Passer da feuillet 143 au f. 149,
sons entre personnes de différent pour trouver la rédaction définitive
sexe. ^ (copie de la main d'un secrétaire,
2. Édit. : à droite et à gauche. — 7 pages). Def oris emprunte à la pre- Correction inutile. Cette locution se mière et à la seconde les éléments rencontre assez fréquemment. d'une troisième, qu'il crée ainsi arbi-
3. Var. : se retourne du côté du trairement. Lâchât préfère celle qui Seigneur son Dieu. — Les éditeurs n'a pas été prononcée. Voir à la p. 26, la préfèrent au texte, et ajoutent la première rédaction de ce passage. enfin., que l'auteur a effacé, parce 5. Luc, il, 34, 35.
sances du monde sembleront se réunir pour concourir à sa perte.
C'est ce qu'on prédit à la Vierge sainte, et elle écoute en silence et sans émotion ces terribles prophéties. Elle sait que tout est régi par des raisons éternelles, auxquelles elle se soumet ; et c'est pourquoi ni le présent ne la trouble, ni l'avenir ne l'inquiète. Ainsi, si nous abandonnons toute notre vie à cette sagesse suprême qui gouverne si bien toutes choses, nous serons toujours fermes et inébranlables. Il n'y aura point pour nous de nécessités fâcheuses, ni de contrariétés embarrassantes ; nous ressemblerons au bon Siméon ^ ; ni la vie n'aura rien qui nous attache, ni la mort, tout odieuse qu'elle est, n'aura rien qui nous épouvante ; et quand nous aurons accompli ce que Dieu veut que nous fassions sur la terre, nous serons prêts à dire, à l'imitation de ce saint vieillard : « Seigneur, laissez maintenant mourir votre serviteur en paix : Nuric dimîttis ^ . »
Hélas! quel objet funeste, mais quel exemple admirable se présente ici à mon esprit ! Me sera-t-il permis en ce lieu de toucher à des plaies encore toutes récentes, et de renouveler les justes douleurs des premières personnes du monde ^ ? Grande et auguste reine, que le ciel vient d'enlever à la terre et qui causez à tout l'univers un deuil si grand et si véritable, ce sont ces fortes pensées, c'est cette attache immuable à la souveraine volonté de Dieu, qui nous a fait voir ce miracle et d'égalité dans votre vie et de constance inimitable
1. Le copiste à qui Bossuet a fait pas été conservée, et on n'en contranscrire cette nouvelle conclusion naît que le texte : Timor Domini de son discours avait laissé en blanc ipse e.ft thésaurus ejus fis., xxxill, la place de ce mot. C'était un calli- 6). Une telle perte donne plus de graphe peu instruit, peut-être le prix encore aux lignes suivantes, même qui a reproduit, vers cette dans lesquelles Bossuet, avec Téloépoque, le sermon de 1662, pour le quence du cœur, paie un premier Vendredi saint. Ici. toutefois, les tribut de reconnaissance à la princaractèressont plus fins. cesse qui l'avait tant goûté et qui
2. Luc, Ti. 29. avait voulu lui donner un des évê- S. C'est-à-dire du Roi et de sa fa- chés de Bretagne qui étaient à sa
mille. Allusion à la mort de la reine- collation. En 1669, dans l'oraison
mère Anne d'Autriche, arrivée le funèbre de Henriette de France, il
20 janvier 1666, et dont Bossuet pro- rappellera encore « A nne la magna-
nonçq. l'oraison funèbre l'année sui- nime, la pieuse, que nous ne iTom-
vante chez les Carmélites de la rue merons jamais sans regret ». du Bouloi. Cette oraison funèbre n'a
dans votre mort. Quels troubles, quels mouvements, quels accidents imprévus ont jamais été capables de l'ébranler, ni d'étonner ^ sa grande âme ? Ne craignons pas de jeter un moment la vue sur nos dissensions passées^, puisque la fermeté inébranlable de cette princesse a tellement soutenu l'effort de cette tempête, que nous pouvons maintenant nous en souvenir sans crainte. Quand il plut à Dieu de changer en tant de maux les longues prospérités de sa sage et glorieuse régence, futelle abattue par ce changement ? Au contraire, ne la vit-on pas toujours ferme, toujours invincible, fléchissant quelquefois par prudence, mais incapable de rien relâcher des grands intérêts de l'État et attachée immuablement à conserver le sacré dépôt de l'autorité royale, unique appui du repos public, qu'elle a remise enfin tout^ entière entre les mains victorieuses d'un fils, qui sait la maintenir avec tant de force ? C'est sa foi, c'est sa piété, c'est son abandon aux ordres de Dieu, qui animaient son courage ; et c'est cette même foi et ce même abandon à la Providence, qui, la soutenant toujours malgré ses douleurs cruelles jusques entre les bras de la mort, lui a si bien conservé parmi les sanglots de tout le monde et parmi les cris déplorables de ses chers et illustres enfants, cette force, cette constance, cette égalité qui n'a pas moins étonné qu'attendri tous les spectateurs.
O vie illustre, ô vie glorieuse et éternellement mémorable ! mais ô vie trop courte et trop tôt précipitée ! Quoi donc ! nous ne verrons plus que dans une reine ce noble amas de vertus que nous admirions en deux ! Quoi ! cette bonté, quoi ! cette clémence, quoi ! tant de douceur parmi tant de majesté ; quoi ! ce cœur si grand et vraiment royal, ces charités infinies, ces tendres compassions pour les misères publiques et particulières ; enfin, toutes les autres rares et incomparables qualités * de la grande Anne d'Autriche ne seront plus qu'un exemple et un ornement de l'histoire ! Qui nous a si tôt