FRAGMENTS D'UN SERMON
destiné à la cathédrale de Metz, 15 août 1667,
Bossuet, encore présent à Paris, le 2 avril, veille des Rameaux^, était bientôt après retourné à Metz. Nommé directeur de Toeuvre des Nouveaux Convertis, à laquelle il s'intéressait depuis longtemps, de même qu'à celle des Nouvelles Catholiques, il dut faire appel à la charité dès son arrivée. Ce fut, pensonsnous, le 3 mai, fête de l'Invention de la sainte Croix, qu'il prononça pour la seconde fois un sermon composé jadis (1659) en faveur de l'œuvre du même nom, à Paris. Le temps lui manqua, et les modifications qu'il apporta par écrit à ce discours furent peu importantes : la plus notable, que nous avons indiquée, comme les autres 2, fut le changement du texte : Exaltari oportet Filium hominis, qui désignait primitivement la fête de l'Exaltation, en celui-ci: Christo confixus sum cruci (Galat., ii, 19).
La préoccupation de la conversion des protestants apparaît de nouveau dans les fragments qui suivent. Ils rappellent une circonstance douloureuse de la vie de Bossuet. « On l'avait engagé, raconte l'abbé Ledieu, à prêcher dans la cathédrale, le jour de l'Assomption, 1667. Prêt à monter en chaire, il fut obligé de laisser le sermon pour rendre les derniers devoirs à son père et lui fermer les yeux ^. » Ledieu ne connaissait ces événements que par ouï-dire. Peut-être Bossuet ne fut-il appelé auprès du moribond qu'en descendant de chaire. Du moins, A. Floquet nous apprend, d'après le registre secret du Parlement de Metz, «. que cette Cour, le 15 août 1667, assista à la procession du vœu de Louis XIII, et au sermon dans la cathédrale *. »
Le manuscrit ^ contient l'^ l'exorde, qui est incomplet ; 2° une partie du second point, au milieu duquel se trouve une lacune. Il n'en restait pas davantage, en 1772, quand Deforis donna la première édition des Sermons.