SUR L 'ASSOMPTION
obtenir ses grâces ; et sa charité consommée rendra son intercession plus utile et plus fructueuse à tous les enfants de Dieu, auxquels elle a enfanté leur salut et leur rédemption en Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ce n'est donc pas sans raison qu'en célébrant son triomphe, nous implorons son secours : ce n'est j)as sans raison que l'Église catholique inspire à tous...
Second Point.
Tous les actes religieux doivent se terminer à Dieu ; et le propre de la religion, c'est de nous réunir à ce premier Etre. Saint Augustin nous enseigne que c'est de cette origine que cette vertu a pris son nom : (Religio dicitur eo quod) nos religet omnipotenti Deo \ Elle nous lie, elle nous attache, elle nous unit à Dieu ; et c'est i^ar cette union qu'elle est définie.
L'honneur que nous rendons à la sainte Vierge appartient très certainement à la religion, puisque nous le lui rendons dans les lieux consacrés à Dieu, dans l'assemblée de sa sainte Église, et dans la célébration des divins mystères. Il faut donc nécessairement que ce culte, que cet honneur, que cette dévotion se rapporte à Dieu, et le regarde comme sa fin.
Inconsidération de nos adversaires, qui nous objecte que nous rendons à la créature un culte religieux. L'objection porte sa réponse dans ses propres termes : si ce culte est religieux, donc il se termine enfin à [Dieu] seul ; et quel inconvénient d'honorer la créature pour l'amour de Dieu ? une créature si excellente!
Mais laissons la dispute et la controverse, et revenons. Chrétiens, à notre instruction. Par conséquent vous devez entendre que toute votre dévotion pour la sainte Mère de Dieu ne mérite pas le nom de dévotion, et n'a que l'apparence de religion et la montre de la piété véritable, si elle ne vous conduit à Dieu et ne sert à vous y unir immuablement, selon les lois du christianisme et de l'Évangile.
Deux moyens pour cette union : ses prières et l'imitation de ses vertus.
1. Voy. De ver. /.V/?.^., n. Ili, 113 ; mais aussi Ji'tioct., J, XJir, 9.
DE LA SAINTE YIEllGE. 271
Vous VOUS adressez à elle connue à une créature excellente, qui est très intimement unie à Dieu par Notre- Seigneur Jésus-Christ : unie premièrement par l'union du sang ; unie en second lieu par la société des souffrances ; unie enfin aujourd'hui par la plénitude^ de la gloire.
Pour unir Jésus-Christ avec Marie, nous voyons concourir ensemble tout ce que la nature a de plus tendre^ tout ce que la grâce a de plus puissant. Il l'appelle à sa croix pour participer à ses peines : un même mart3a'e pour le fils et pour la mère ; une même croix et de mêmes clous ; une même lance pour percer leurs cœurs.
Sur ces deux fondements, jugez de leur union dans la gloire. Il partagera son trône avec nous, etc., combien plus avec sa mère ? Astitit Reglna a dextris tuis ^, Jésus-Christ assis à la droite du Père ; assis ^ est* une marque d'autorité suprême. Il faut percer tous les chœurs des anges... etc.
Qui doute donc, mes Frères, que la piété de nos vœux^ ne cherche Jésus-Christ dans Marie ? Malheureux, qui veulent mettre de la jalousie entre le fils et la mère f C'est cette sainte union qui nous attire à Jésus-Christ y qui nous attire en même temps, par un même effort, etc., la regardant dans sa gloire '^, dans cette exaltation que nous célébrons.
Quis tam idoneus ut Joquatur ad cor Domini Nostri Jesu Christi ut tu, felix Maria, quse in secretissimis amplexihus Filii tiii recubas in mendie sempiterno ejusque familiarissimo colloquio semper frueris. (Bern., In laudat. ac deprecatione Marise Virginis) ^.
L'imitation des vertus... Jésus-Christ ^ est tout entier dans les saints, et par conséquent dans la sainte Vierge. Saint Paul : Imitatores mei estote, sicut et ego Christi \ Imiter les saints, c'est imiter Jésus-Christ.