‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 226 sur 532 · Matth., VI, 27. ments magnifiques · texte numérisé non relu

Matth., VI, 27. ments magnifiques

2. Var. : en agrandissant... — 3. Yar. : pour étourdir le vulqu'il s'agrandit avec ses apparte- gaire;

monde ^ ont [p. m] trouvé notre Sauveur trop dénué ; sa crèche les a étonnés, sa pauvreté leur a fait peur " ; et C'est cette même erreur C|ui a fait imaginer aux Juifs cette Jérusalem toute brillante d'or et de pierreries, et toute cette magnificence C[u'ils attendent encore aujourd'hui en la personne de leur Messie.

Mais, au contraire, Messieurs, si nous voulons raisonner par les véritables principes, nous trouverons qu'il n'est rien plus digne ^ d'un Dieu venant sur la terre cj[ue de confondre par sa pauvreté le faste ridicule des enfants d'Adam, de les désabuser des vains plaisirs qui les enchantent, et enfin de détruire par son exemple toutes les fausses opinions Cjui exercent sur le genre humain une si grande et si injuste tyrannie.

A fond. Voici l'ordre c^u'il y tient. Le monde a deux moyens pour nous captiver: il a premièrement de [p.iv] fausses douceurs, qui surprennent notre faiblesse ; il a aussi de vaines^ terreurs, qui abattent notre courage. Il est des hommes délicats, qui ne peuvent vivre que dans les plaisirs, dans le luxe, dans l'abondance. Il en est d'autres qui vous diront : Je ne demande pas ces grandes richesses, mais la pauvreté m'est insupportable ; je me défendrais bien des plaisirs, mais je ne puis souffrir les douleurs ; je n'envie pas le crédit de ceux qui sont dans les grandes intrigues du monde, mais il est dur de demeurer dans l'obscurité. I.e monde gagne les uns, et il épouvante les autres. Tous deux s'écartent de la droite voie ; et tous deux enfin viennent à ce point que celui-ci, pour obtenir les plaisirs sans lesquels il s'imagine qu'il ne peut pas vivre, et l'autre, pour éviter les malheurs qu'il croit qu'il ne pourra supporter, s'engagent entièrement dans l'amour du monde.

[P. vj C'est pour cela, Chrétiens, que Jésus-Christ est venu comme le réformateur du genre humain, comme le docteur véritable qui nous vient donner la science des

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