Var. : leur délicatesse
craintes et mes espérances ^, qu'il n'y a rien de grand que de suivre Dieu et mépriser tout le reste. Le voilà, je l'ai rencontré : je le reconnais à ces belles marques.
Que la superbe philosophie cherche bien loin des rai-sonnements pour découvrir la vanité des choses humaines, qu'elle les étende avec pompe : combien tous ses arguments sont-ils éloignés de la force de ces deux mots : Un Dieu est pauvre !
Vous l'avez connu, mes chères Sœurs, puisque vous avez aimé son dépouillement, puisque sa pauvreté vous a plu, puisque vous l'avez épousé avec tous ses clous, toutes ses épines, avec toute la bassesse de sa crèche et toutes les rigueurs de sa croix. Mais nous, mes Frères, que choisirons-nous ?
Il y a [p. x] deux partis formés : le monde d'un côté, Jésus-Christ de l'autre. I^à les délices, les réjouissances, l'applaudissement, la faveur : vous pourrez vous venger de vos ennemis, vous pourrez ^ posséder ce que vous aimez, vous trouverez partout un visage gai et un accueil agréable. Qu'on vous aimerait, mon Sauveur, si vous vouliez donner de tels biens aux hommes ! Que vous seriez un grand et un aimable sauveur, si vous vouliez nous promettre de nous sauver de la pauvreté ! Il ne faut pas s'y attendre — Permettez-moi seulement que je contente cette passion, ou que je puisse venger cette injure. — Non, il punira même un regard trop libre, une parole échauffée et les secrets mouvements de la haine et de la colère. Le bien d 'autrui ^... Le Jubilé.., Qui pourrait souifrir un maître si rude ? Mon Sauveur, vous êtes trop incompatible, on ne peut s'accommoder avec vous, la multitude [p. xi] ne sera pas de votre côté. Aussi, mes Frères, ne la veut-il pas. C'est la multitude qu'il a noyée* par les eaux du déluge; c'est la multitude qu'il a consumée ^ par les feux du ciel ; c'est la multitude qu'il a abîmée^ dans les flots de la mer
L Quatorze mots omis dans l'édi- perdu... o (T. II, p. 295).
tien Lâchât. 4. Ms. : noyées.