Édit. : Le médisant ne déchire de
dans les autres que la renommée, 12. Fin de la p. 12, transportée
et déchire en lui la vertu même. avec Li 11» dans le sermon de 1687. (D'après le Jam securis.)
déshonore ; malheur qui nous ôte toute espérance, et crime qui nous ôte toute excuse ; malheur qui nous fait perdre pour l'éternité, et crime qui nous rend coupables de cette perte funeste et ne nous laisse pas même sujet de nous plaindre.
Pourquoi pour l'éternité? Car il faut encore expliquer ceci en un mot, pour entendre de quel mal Jésus- Christ nous sauve. Ici, je pourrais vous dire que. Dieu étant éternel, il ne faut pas s'étonner qu'il ait des pensées éternelles et que tout l'ordre de ses desseins se termine à l'éternité. Je pourrais encore ajouter qu'ayant résolu pour cette raison de se donner à sa créature par une éternelle communication ^, elle se rend digne d'un mal éternel, quand elle perd volontairement un bien qui le pouvait être. Mais je veux entrer plus avant dans la nature du mal : c'est dans cette source intime de malignité, c'est dans la profonde " disposition des volontés déréglées [p. 14] que je veux découvrir la cause funeste de l'éternité malheureuse qui menace les impénitents. Je demande seulement que vous m'accordiez que nul homme ne veut voir la fin de sa félicité ni de son bonheur. Il ne faut point de raison ; la nature parle : partout où l'homme établit sa félicité, qui ne sait qu'il voudrait y joindre l'éternité toute entière ^ ? Maintenant^, en quoi est-ce que le pécheur a mis sa félicité ? Il l'a mis[e] dans les biens sensibles; et c'est en cela, dit saint Augustin, que consiste son dérèglement, que lui, qui peut aspirer à la jouissance des biens éternels, abandonne lâchement son cœur à Vamour des biens pé-
1. Ecrit : coicution. — Var. : de se perdre. Consultez votre cœur : jaconimuniq-uer éternel' ement à la mais l'homme ne veut Toir la fin ni créature faite à son image. de son plaisir ni de son bonheur.
2. Var. : secrète. Édit. : secrète C'est alors que la pensée de la mort et profonde. nous est plus amère ; la loi de Dieu
3. Var. : il voudrait que l'éternité nous devient incommode et importout entière y fût attachée. — Les tune, parce qu'elle nous contrarie ; deux premiers membres de la phra- et si notre cœur en était cru, il abose sont ixne addition interlinéaire. lirait cette loi qui choque son incli-
4. Note marginale postérieure : nation, par la force d'un secret ini( * La volonté ne veut être ni em- stinct, qui veut lever tout obstacle pêchée, ni interrompue, ni troublée à ses passions et par conséquent dans son action : si bien que tout les rendre immortelles. » — Cette ce qu'elle aime ,elle voudrait et l'ai- addition a été écrite, comme nous le mer toujours et le posséder éternel- verrons, pour le premier dimanche lement, sans appréhension de le de l'A vent 1668 (fin du 1" point).
rissabies \ Que s'il y établit sa félicité, par les principes posés il s'ensuit qu'il voudrait y voir l'éternité attachée. Tous nos désirs déterminés" enferment ]e ne sais quoi qui n'a point de bornes, et une secrète avidité d'une jouissance éternelle''. Dans cette malheureuse attache, combien de fois avez-vous dit que vous ne vouliez jamais rompre ; dans la haine : Je ne le veux jamais voir ? Éloignement éternel des choses c^ui nous répugnent, éternelle possession de celles qui nous contentent, c'est le secret désir de notre cœur; [p. 15] et si l'ejïet ne s'en ensuit pas, ce n'est pas notre volonté, mais notre mortalité qui s'y oppose^.
Et ne me dites pas, ô pécheurs ! que vous prétendez vous corriger quelque jour. Car, au contraire, dit excellemment le grand pape saint Grégoire, ce les pécheurs font voir assez clairement qu'ils voudraient pouvoir contenter sans fin "" leurs mauvais désirs, puisqu'ils ne cessent en effet de les contenter tant qu'ils en ont le pouvoir, et que ce n'est point leur choix, mais la mort qui termine ^ leurs désordres et leurs poursuites. C'est donc, conclut ce grand pape, un juste jugement de Dieu, qu'ayant nourri dans leurs cœurs une secrète avidité de pécher sans fin, ils soient punis rigoureusement par des peines qui n'en ont pas ^ ; et qu'ils ne trouvent non plus de bornes dans leurs supplices qu'ils ^ en ont voulu donner à leurs excès détestables ^ : Non corda hominum, sed facta pensavit. Iniqui enim idco cnm fine deliquerunt, quia cuiii fine vixernnt. Nam voluîf<sent [ntique, si poUiissent,] sine fine viverc, nt potuissent sine fine peccare. Ostcndunt enim quia in peccato sempei' vivere cupitint, qui nunquam desinunt peccare dum vivunt. Ad magnam ergo justitiam judi-
1. Le latin en marge : Iv extremi 6. Var. : qni met lin à leurs déboni dilectîone turpkervolutatur, cui sordres et à leurs poursuites — qui priinis inhrerere fniique concessum finit leurs crimes.
est (De vera Relig.^ cap. XLV, n. 83). 7. Yar. : interminables 7- par une