Var. : et rien ne pousse tant la bonté à bout
qu'on en fait. C'est pourquoi le Saint-Esprit, ayant représenté aux Galates, par la bouche de l'Apôtre, les immenses bontés de Dieu, leur adresse ces paroles : (c Nolite errare : Deus non [p. x] irridetur ^ : Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. » Non, non, ne vous trompez pas par cette fausse idée que vous concevez des miséricordes divines. Cette bonté de Dieu, que vous vantez tant et que vous faites l'appui de vos crimes, n'est pas une bonté insensible et déraisonnable, sous laquelle les pécheurs vivent à leur aise. C'est une bonté vigoureuse et juste. Dieu est bon, parce qu'il est ennemi du mal, et il exerce l'amour qu'il a pour le bien par la haine qu'il a pour le crime. Sa justice est lente, mais non endormie : ne vous persuadez pas qu'il prétende" flatter par sa patience l'espérance de l'impunité ; autrement vous nous " feriez, non un Dieu vivant, mais une idole muette et insensible, un Dieu bon jusqu'au mépris, et indulgent [jus] qu'à la faiblesse. Nolite errare : il n'en est pas de la sorte ; on ne se moque pas de lui. Et qui sont ceux qui s'en moquent, sinon ceux qui abusent de ses bontés ; qui croient qu'on leur donne le temps de pécher, parce qu'on leur en donne pour se repentir : qui font un jeu sacrilège de ses sacrements, [p. ix] du ministère des clefs, et des indulgences de sa sainte Église ; qui tournent contre lui tous ses bienfaits, et font de ses miséricordieuses facilités un chemin à la rébellion et à la licence ? Donc, mes Frères, que ce Jubilé finisse nos ingratitudes. Ne nous moquons pas de Dieu ; car, comme ajoute l'Ap[ôtre] \. riioinmc recueillera ce qu'il aura semé^ ; [ne nous moquons pas de Dieu], de peur qu'il ne se moque à son tour, et que nous ne puissions soutenir cette cruelle et insupportable moquerie. Ha ! ^ mes Frères, détournons nos yeux ; je veux espérer de vous