‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 268 sur 532 · AUX GRANDES CARMÉLITES · texte numérisé non relu

AUX GRANDES CARMÉLITES

le 30 novembre 1668.

Avant de continuer à Saint-ïliomas-du-Louvre la station commencée le 1^^ novembre, Bossuet prêcha dans la chapelle des Carmélites du faubourg Saint-Jacques son célèbre panégyrique de saint André '^. Ledieu, parlant des discours de Bossuet entendus par cette communauté, le mentionne en ces termes : ce Le sermon du plus grand éclat fut celui de la Vocation, qu'il y prononça un vendredi, fête de saint André, en 1668, pour confirmer le vicomte de Turenne dans sa réunion à TÉglise, faite le 28 d'octobre précédent... Le P. Desmares, célèbre prédicateur de l'Oratoire fut présent..., avec des personnes distinguées par un semblable mérite ; les parents et les amis du vicomte et peu d'autres auditeurs 2. Ce fut iin sermon d'vne exquise heaiité^ disent les Carmélites dans leur Mémoire. Et, quand on en a parlé au prédicateur, il en est convenu de bonne foi, se ressouvenant encore des plus beaux endroits, qu"il était prêt à réciter. L'effet en fut tel que M. de Turenne suivit cet abbé dans tout son A vent de Saint-Thomas-du-Louvre de la même année "\.. »

Il est bien regrettable que Bossuet n'ait pas publié lui-même ce « sermon d'une exquise beauté. « S'il était resté tout entier dans sa mémoire, il n'était qu'en partie dans ses manuscrits. Il s'était borné, en effet, à une large esquisse, qu'il s'était réservé d'achever en chaire. Deforis crut bien faire de la compléter à sa façon. En 1856, l'original passa sous les yeux de M. Vallery- Radot, bibliothécaire au Louvre. L'étude rapide qu'il en lit avant une vente publique, lui inspira un article, paru dans le Constitutionnel, et reproduit par VlJnlvers du 8 mars 1856. Cet article* n'était guère rassurant sur la valeur du texte imprimé i un bon tiers du discours, en somme, se trouvait être l'œuvre des bénédictins, qui ce y ont inséré non seulement des phrases, mais des paragraphes entiers. »

Les éditeurs modernes ont, dans une certaine mesure, tenu compte des observations de M. A'allery-Radot. Toutefois le&

1. Revu SU)- le ms. con^^ervé à la 4. Repi-oduit à la fin d'un volume Bibliothèque de Lille, n. IVM. très attachant, intitulé : Vallery-

2. Ce n'était pas un jour de gnin- Radot, ,'<ourenirs littéraires, publiés de solennité ; et du reste la chapelle par René VaUer//-Badot. (Paris, G. n'était pas très spacieuse. Chamerot, 1877.) C'est de là que

3. Mémoire^:, p. 85-86. — Cf. Ihid., M. Lebarq avait tiré ses citations. p. 108.

Page 1