SUR LA VIGILANCE CHRÉTIENNE
Les grandes passions ont commencé par des désirs qui paraissaient innocents.
Il faut savoir qui entre et qui sort; d'où viennent ceux qui entre [nt] , et où. ils vont ; avec qui ils convei;sent, et ce qu'ils pratiquent. Ainsi des désirs.
Donc attention continuelle.
Jamais se livrer aux affaires et aux occupations. S'y prêter avec un certain retour. I^es passages du Deut[éronome ^] . Défendu de suivre ses yeux, per res varias fornîcantes ^ ; une âme prostituée à tous les objets, que tous les objets emportent".
Ceux '^ qui ne trouvent point de plus grande fatigue que de songer à ce qu'ils font ; ce n'est pas une vie chrétienne, ni même raisonnable. Cette attention n'est pas difficile : c'est une attention du cœur, non de l'imagination.
Il ne faut pas dire à une mère qu'elle pense à son fils ; à une femme, à un mari qui lui est cher. Elle ne fatigue pas son cerveau pour rappeler cette pensée à sa mémoire ; son cœur le fait assez ; et cette pensée ne la fatigue pas, mais la délecte et la soulage.
Nox prœcessit, d'ies autem appropinquavit ^. Marcher comme dans la lumière, comme étant toujours éclairés, comme étant vus de Dieu.
Non in comessationihiis et ehrietatihus ^. Si on déteste l'enivrement du vin, qui prend le cerveau par des fumées grossières, combien celui qui prend le cœur par une attache délicate et intime ! L'enivrement des passions.
L Ce sont les passages indiqués réflexion. L'âme toujours attentive
plus haut. — Note marginale (1669)*: Lucernœ ardentes in manihiis vestris
Laquelle filiis Israël, et dices ad eos (Luc., XII. 35). Sur quoi Origène :
utfaciant sibi fimbrias per angulos Semper tibi i(/nis fidei et lucerna
palUorum^ponentes in eis vittas ht/a- scientiœ accensa sit (Hom. iv in Le-
cinthinas ; quas cum viderint, recor- vit.). — Jnvitaris (ergo) per hoc (per
dentur omnium mandatorum Domini; rituvi precandi ad Orientem) ut
nec sequantur cogitationes suas et orientem semper aspicias, unde tibi
oculos per res varias fornicantes oritur soljustitice, unde semper lumen
(Num., XV, 38, 39). fidei tibi nascitur.... ut semper in