Var. : le genre humain de sa divin prédicateur
ruine. 8. Var. : la voie. — les voies du
5. Var. : Il a raison de se dire et Seigneur. — Changé en raison des [de se] définir... — de nous dire, en mots qui précèdent : (( Je suis... la se définissant lui-même .. — de nous voix... o
dire qu'il est une voix. — Avec cet il. Var. : faites droits, dressez,
alinéa, Bossuet revient à la p. 1. Par 10. Is., XL, o.
tère de la pénitence, tout l'ordre de l'expiation des crimes, toute la méthode pour les traiter et pour les guérir. Ecoutons donc la voix qui nous parle, laissonsnous frapper distinctement par tous ses sons : voyons ^ ce que c'est que ce désert où elle crie, quelle [p. 4] préparation elle nous demande, quelle droiture elle nous prescrit. Voilà sans détour et sans circuit le partage de mon discours et le sujet de vos attentions.
Premier Point.
La voix qui nous invite à la pénitence se j^laît à se faire entendre dans le désert. Il faut quitter le grand monde et les compagnies; il faut aimer la retraite, le silence et la solitude, jDOur écouter cette voix qui ne veut point être étourdie par le bruit et le tumulte des hommes.
[P. 5] Et certes^ nous errons dans le principe, si nous croyons que l'esprit de componction et de pénitence puisse subsister dans ce commerce éternel du monde, auquel nous abandonnons toute notre vie. Un pénitent est un homme pensif et attentif à son âme " : (( Cogitaho pro peccato nieo^ : Mon péché occupe tou-
1. Var. : Telle est la voix qui nous célestes ; je l'attirerai à la solitude, parle; il reste que nous entendions et je lui parlerai selon son cœur : quel est le désert où.. — Les édi- Propter hoc, ecce ego lactubo emn, et teurs interprètent autrement tout ce ducam eam in solitiidinejyi, et loquar passage. Leur leç^n est ingénieuse. ad cor ejus (Ibid.. 14 ; texte complété mais elle nous a paru arbitraire. en marge). Je lui dirai des paroles
2. Passage retranché (par un de consolation et d'instruction disimpie trait en marge) : (( La pre- vine. »
mière chose que Dieu fait quand il — A la suite, se lit un passage
veut toucher un homme du monde, formellement effacé, raais qui n'en
c'est de le tirer à part pour lui par- prouve pas moins deux choses : 1°
1er en secret : (( J'ai trouvé, dit-il, que ce sermon est destiné, comme
cette âme mondaine avec tous les nous l'avons dit, au troisième di-
ornements de sa vanité : Ornabatur manche ; 2° que le Cœci vident fut
inaure sua et monili suo » (Ose., il. repris le dimanche précédent : «En-
13) Elle ne songeait qu'à plaire au trons, mes Frères, dans cette pen-
monde, à voir et à être vue. « Elle sée ; poussons dans la solitude le
courait» comme une insensée «après chrétien pénitent. Je fis dimanche
ses galants {var. : ses amants), )) dernier un portrait en raccourci de
après ceux qui flattaient ses mau- la morale chrétienne. Je veux au-
vais désirs, (( et elle m'oubliait, dit jourd'hui vous donner l'image de la
le Seigneur : Et ibat post amatores sainte pénitence ; et je dis que son
suos, et obliviscebatur mei, dicit Do- premier caractère c'est d'aimer le
minus (Ibid.). » « Et moi, je com- silence et la retraite. »
mencerai de l'allaiter, je lui ferai 3. Yar. : à soi-même,
ressentir une goutte des douceurs 4. Ps. xxxvii, 19.
tes mes pensées. » Un pénitent est un homme dégoûté et de lui-même [p. 6] et du monde : ce Dormitavit anima mea prœ tsedio ^ : Mon âme languit d'ennui. » Un pénitent est un homme qui veut soupirer ^, qui veut gémir: « Lahoravi in gemitu meo ^ ; J'ai été pressé par mes sanglots. » Un tel homme veut être seul, veut avoir des heures particulières ; le monde l'importune et lui est à charge.
Je vous étonnerais *, mes Frères, si je vous racontais les lois de l'ancienne pénitence. On tirait ^ le soldat de la milice, le marchand du négoce ®, tout chrétien pénitent des emplois du siècle. Ils priaient, ils méditaient nuit et jour ; ils regrettaient sans cesse le bien qu'ils avaient perdu. Ils n'étaient '^ ni des fêtes, ni des jeux, ni des affaires du monde. Ils se nourrissaient dans leurs maisons du pain de larmes. Ils ne sortaient en public que pour aller se confondre à la face de l'Église, et implorer aux pieds de leurs frères le secours de leurs prières charitables ; tant ils estimaient la retraite et la solitude nécessaire !
Qu'est-ce en effet qui nous a poussés ^ dans ces prodigieux égarements ? qu'est-ce qui nous a fait oublier et Dieu et nous-mêmes, si ce n'est qu'étourdis par le bruit du monde, nous n'avons pas même connu nos excès ? Notre conscience, [p. 7] témoin véritable, ami fidèle et incorruptible, n'a jamais le loisir de nous parler ; et toutes nos heures sont si occupées, qu'il ne reste plus de temps ^ pour cette audience. Et cependant il est véritable que qui ôte à l'esprit sa réflexion, lui ôte toute sa force. Car ^° il y a cette différence entre la raison et les sens, que les sens font d'abord leur impression, leur opération est prompte, leur attaque