‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 365 sur 532 · Petr., fv · texte numérisé non relu

Petr., fv

PREMIER VENDREDI DE CARÊME aux Nouvelles Catholiques, 1669.

Les notes qu'on va lire ^ n'ont pas forme de discours. Elles appartiennent toutefois à la prédication de Bossuet, et contiennent d'utiles renseignements, semés au milieu de pensées qui ont été développées seulement en chaire.

La première partie de ces notes a été écrite avant de prêcher ; la seconde, la plus considérable, a été écrite c< après avoir dit. »

Elles sont datées de la main de l'auteur. Mais les éditeurs n'ont pris aucun souci de ce renseignement. Deforis, les éditeurs de Versailles, etc. les découpent pour les placer par fragments, au bas des pages, dans le sermon sur la Charité fraternelle (au troisième mardi de Carême, dans toutes les anciennes éditions). C'est là que Lâchât les distribue à son tour, sous la rubrique souverainement inexacte : Notes marginales.

L'Amitié ^

On ne peut jamais aimer sincèrement le prochain sans aimer Dieu.

L'aimer sincèrement, c'est l'aimer comme nous, et non pour nous.

Il n'y a que Dieu qui doive tout aimer pour soimême.

Amour de société, et non amour d'intérêt.

Pour cela, il faut être détaché de soi-même.

Nulle créature ne mérite qu'on se détache de soimême pour elle ; et on ne peut pas faire cet effort pour la créature.

Mais Dieu est infiniment au-dessus de nous. Après l'effort de l'aimer plus que soi-même, on peut faire celui d'aimer le prochain comme soi-même.

On trouve, en réunissant à Dieu tout son amour, une abondance infinie, qui ensuite peut se répandre sur tous les hommes sans exception.

l.Ms. fr. 12822, fos 263-264. — 2. Ce titre est autographe. Il ne

In-4, avec moitié de marge. convient qu'à la première partie.

Sans cette abondance d'amitié, l'amitié n'est que partialité, et dégénère en cabale.

Prendre garde de ne gâter jamais ni ne détourner en nous la source de l'amour.

Il faut bien méditer trois sermons qui regardent la société du genre humain dans la troisième semaine du r^ Carême du Louvre. Le fond m^en paraît très solide ; mais il en faut changer la forme ^.

Faut voir aussi le sermon sur les paroles : Ubi... duo vel très..., du IF Carême du Louvre ^.

Dans le Carême de 1669, aux Nouvelles Catholiques, je prêchai ce qui s'ensuit^ sur Diligite..., ut sitis filii Patris vestri *.

Les hommes plus ruineux aux hommes que toute autre cause de ruine. Apparente société. Dans le fond, rien de plus mal assorti. Presque tous les esprits incompatibles. A la longue on se sépare. De celui-là ^ on ne peut souffrir les injures ; de l'autre, les défauts, etc. (comme au sermon Mulier, crede mihi ^, V^ Carême du Louvre '^, sem[aine] S'"®). Les uns, des ennemis qui nous contrarient ; les autres, des importuns qui nous choquent ^. L^n geste qui nous déplaît, une parole qui nous fâche.

Quand on n'a point de sujet de haïr, on hait par caprice et par fantaisie ; par la contrariété des intérêts ; par la contrariété des humeurs. On se fait des portraits odieux. On met dans cette aversion à certaines gens une espèce de délicatesse qu'il y ait des personnes qui nous déplaisent.

1. S'il avait dû les prêcher de nou- tout le canevas est((écrit après avoir veau à la Cour, Bossuet n'en aurait dit ». La remarque qui précède impas moins modifié ces discoursdans médiatemen test aussi dumême trait. le détail : telle était son habitude, 4. Matth., v, 44, 45.

même quand il transcrivait. A plus 5. Là, ajouté en marge, au crayon.

forte raison, quand l'auditoire de- 6. Joan., iv, 21.

vait être si différent. 7. Sermon perdu. Cf. t. TV, p. 238.

2. C'est-à-dire, du Carême de 8. Var. : fâchent. — Cette phrase Saint-Germain (cf. ci-dessus, p. 1). et la suivante sont des notes margi- Le sermon ne fut pas prêché, avons- nales. Il en est de même de quelques nous dit. Yoy. p. 64. autres. Mais en quoi le reste diffè-

3. On dirait maintemant : «ce qui re-t-il, si ce n'est qu'il n'est pas en stiit. )) — A partir de cet endroit, marge?

Page 1