‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 37 sur 532 · Var. : amasse. — (Souligné à cap · texte numérisé non relu

Var. : amasse. — (Souligné à cap

la sanguine, avant d'être remplacé. H. Var. : Le docte saint Jean

De même en plusieurs autres en- Chrysostome.

droits.) 7. Ms. : dans la troisième. — Les

3. Édit. : dit saint Augustin. — Bénédictins ont corrigé. Retranché. >î. Edit. : homélie.

SUR l'honneur. 47

rôles ^ : Je ne puis, dit-il, comprendre la cause de ce prodigieux aveuglement qui est dans les hommes, de croire se rendre illustres par cet éclat extérieur qui les environne, si ce n^est qu^ayant perdu leur bien véritable, ils ramassent tout ce quHls peuvent autour d'yeux, et vont mendiant ^ de tous côtés la gloire quHls ne trouvent plus dans leur conscience.

[P. 5] Cette parole de saint Chrysostome me jette dans une plus profonde considération, et m'oblige de reprendre les choses d'un plus haut principe. Tous les hommes sont nés pour la grandeur, parce que tous sont nés pour posséder Dieu. Car, comme Dieu est grand parce qu'il n'a besoin que de lui-même, l'homme aussi est grand, Chrétiens, alors qu'il est assez droit pour n'avoir besoin que de Dieu. C'était la véritable grandeur de la nature raisonnable, lorsque, sans avoir besoin des choses extérieures, qu'elle possédait noblement sans en être en aucune sorte possédée, elle faisait sa félicité par la seule innocence'' de ses désirs, et se trouvait tout ensemble et grande et heureuse, en s 'attachant à Dieu par un saint amour ^. En effet, cette seule attache, qui la rendait tempérante ^, sage, vertueuse, la rendait aussi par conséquent libre, tranquille, assurée. La paix de la conscience répandait jusques sur les sens une joie divine. L'homme avait en lui-même toute sa grandeur, et tous les biens externes dont il jouissait lui étaient accordés libéralement, non comme un fondement de son bonheur, mais comme une marque de son abondance. Telle était la première institution de la créature raisonnable.

Mais, [p. 6] de même qu'en possédant Dieu, elle avait la plénitude, ainsi, en le perdant par son péché, elle demeure épuisée. Elle est réduite à son propre fonds, c'est-à-dire à son premier néant : elle ne possède plus rien, puisque, devenue dépendante des biens qu'elle semble posséder, elle en est plutôt la captive qu'elle n'en est la propriétaire et la souveraine. Toutefois, malgré la bassesse et la pauvreté où le péché nous ré-

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