‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 376 sur 532 · Édit. : des esprits vitaux. — 4. Gen.,i · texte numérisé non relu

Édit. : des esprits vitaux. — 4. Gen.,i

Var. : vitalité. 5. Première rédaction (interrom-

2. Var. : par une opération... pue) : ... et les corps, afin que tout

3. Addition marginale, rédigée soit disposé comme par degrés, et sommairement. quelai...

sairement aux extrémités et comme aux confins ^ où le supérieur et l'inférieur se joignent et se touche [nt]. Car je crois qu'on peut entendre facilement que tout est disposé dans la nature comme par degrés, et que le premier principe ^ donne l'être et se répand luimême par cet ordre et comme de proche en proche ^. Ainsi l'âme raisonnable se trouvera naturellement unie à un corps : Coi-pus autem aptasti mihi.

Mais ce mot d' « approprier un corps » a une plus particulière signification. Car il faut nous persuader que l'âme raisonnable parle et dit à son Créateur : Comme vous m'avez faite ^ immortelle en me créant à votre image, vous m'avez aussi approprié un [p. 16] corps si bien assorti avec moi, que notre paix et notre union serait éternelle et inviolable, si le péché, venant entre-deux, n'eût troublé cette céleste harmonie. Comment est-ce que le péché a désuni deux choses si bien assorties ? Il est aisé de l'entendre par cette excellente doctrine de saint Augustin : car, dit-il, c'est une loi immuable de la justice divine que le mal que nous choisissons soit puni par un mal que nous haïssons. De sorte que c'a été un ordre très juste qu'étant allés au péché par notre choix, la mort nous ait suivis contre notre gré, et « que notre âme fût contrainte de quitter son corps, par une juste punition de ce qu'elle a abandonné Dieu par une dépravation volontaire : Spiritus, quia volens deseruit Deum, deserît corpus invitus ^» » [P. 17] C'est, mes Frères, en cette sorte que le péché étant entré dans le monde, la mort, comme dit l'Apôtre, y est entrée par même moyen *^. C'est pourquoi le Fils de Dieu ne détruit la mort qu'après avoir détruit le péché ; et avant que d'adresser aux môrts^ à la fin des temps', la parole qui les ressuscite, il adresse dans le cours des siècles à tous les pécheurs sa paroïe,

1. Var. : on arrive nécessairement songeait à faire ici, mais qu'il a aux confins où... seulement indiquée.

2. Yar. : le premier Être. *i- ^"«^^5 dans le sens de créé,s'a.c-

3. Note' marginale : (( Dieu a fait cordait comme un autre participe. <les substances séparées des corps». ô. De Trmit., lib. IV, n, 16. (Ms. : — Les éditeurs placent cette phrase n. 13. )

en tête du développement nouveau. 6. Rom., v, 1'-.

Il semble qu'elle indique plutôt une 7. Var. : des siècles.

sorte de récapitulation que l'auteur

qui les convertit et qui les appelle à la pénitence. C'est cette parole que nous vous portons^. Que plût à Dieu que nous pussions détacher de notre parole tout ce qui flatte l'oreille, tout ce qui délecte l'esprit, tout ce qui surprend l'imagination, pour n'y laisser que la vérité toute simple, la seule force et l'efficace toute pure du Saint-Esprit ! O morts, c'est donc à vous que je parle, non à ces morts qui gisent dans ce tombeau ' et reposent en paix et en espérance sous cette terre bénite ; mais à ces morts parlants et écoutants, « qui ont le nom de vivants et qui sont morts en effet : Nom en hahes quod vivas et mortuus es^ » ; qui portent leur mort dans leur [âme], [p. 18] parce qu'ils y portent leur péché. Écoutez, ô morts spirituels : c'est Jésus-Christ qui vous appelle pour ressusciter avec lui. Pourquoi voulez-vous mourir, maison d^Israël * ? Sortez de vos tombeaux, sortez de vos mauvaises habitudes. Ha ! que je vous relève aujourd'hui; mais, avant que de vous relever, que je vous abatte.

Adhuc quadraginta dies, et Ninive suhvertetur ^. Dieu les menaçait *^ de [les] renverser, et ils se renversent eux-mêmes en détruisant jusqu'à la racine leurs inclinations corrompues : Siihvertitur plane, dnm cal- <:atis deterioribns studiis ad meliora convertitur ; suhvertitur plane, dum purpura in cilicium, affliientia in jejunium, lœtitia mutattir in fletuin \ De quoi vous plaignez-vous, ô Seigneur ? Vous avez dit que Ninive serait renversée ; en effet, elle est renversée en tournant en bien ses mauvais désirs, a Ninive est véritablement renversée, puisque le luxe de ses habits est changé en un sac et un cilice, la superfluité de [p. 19] ses banquets en un jeûne austère, la joie dissolue de ses dé-

1. Cette phrase est écrite eu marge, être aussi désigna-t-il Téglise même, d'abord au crayon, puis repassée à qui foi'mait comme un vaste toml'encre par Bossuet lui-même. Elle beau. P. Ingold, L'église (Je l'Ora- •est suivie de ces mots, écrits au foir-e Saint- ffo)wré. Fav[s,1SS6,\n-S. crayon et presque effacés : « Nulle i>. Apoc, m. 1. — Ms.: et motitia es. pensée que pour convertir. » 4. Ezech.. xxxiTl, 11.

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