‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 439 sur 532 · Bossuet écrit presque toujours: cussit eum cor David · texte numérisé non relu

Bossuet écrit presque toujours: cussit eum cor David

Je les briserai, dit le Seigneur ^, comme un pot de terre, et les réduirai tellement en poudre qu^il ne restera pas le moindre fragment sur lequel on puisse porter une étincelle de feu, ou puiser une goutte d'eau^. Étrange ^tat [p. 39] de cette âme cassée et rompue ! Elle s'approche du sacrement de pénitence, et de ce fleuve de grâce qui en découle il ne lui en demeure pas ^ une goutte d'eau. Elle écoute de saints discours qui seraient capables d'embraser les cœurs : elle n'en rapporte pas la moindre étincelle. C'est un vaisseau tout à fait brisé et rompu ; et si elle ne fait un dernier effort pour rappeler l'esprit de la grâce et pour exciter la foi endormie, elle périra sans ressource.

Ha ! '^ mes Frères, j 'espère de vous de meilleures choses, encore que je parle ainsi. Quoi ! ma parole estelle inutile "* ? L'esprit de mon Dieu n'agit-il pas ? ne :se remue-t-il pas quelque chose au fond de vos cœurs ? Ha ! s'il est ainsi, vous vivez, et votre santé n'est pas déplorée. Ne perdons pas ce moment de force : donnez des regrets, donnez des soupirs ; ce sont les signes de vie que le céleste médecin vous demande. Après, laissez agir sa main charitable, ce Car pourquoi [p. 40] voulezvous périr ? Je ne veux point la mort de celui qui meurt: convertissez-vous et vivez, dit le Seigneur tout-puissant : Et quare moriemini, domus Israël ? quia nolo mortem morientis, [dicit Dominas Deus,]^ revertimini et vivite *^. )>.

Mais je n'ai rien fait. Chrétiens, d'avoir peut-être un peu excité votre attention au soin de votre salut, par la parole de Jésus-Christ et de l'Évangile, si je ne

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