‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 471 sur 532 · Luc, I, 44. passages · texte numérisé non relu

Luc, I, 44. passages

le premier des miracles de Jésus, qui fut fait à Cana en Galilée ; et il fit paraître sa gloire, et ses disciples crurent en lui^. Les apôtres étaient déjà appelés, mais ils ne croyaient pas encore assez vivement pour être justifiés. Vous savez que la justification est attribuée à la foi " ; non qu'elle suffise toute seule, mais parce qu'elle en est le premier principe et, comme dit le saint concile de Trente ^, la racine de toute grâce ^. Ainsi le texte sacré ne pouvait nous exprimer en termes plus clairs la grâce justifiante ; mais il ne pouvait non plus nous mieux expliquer la part qu'a eu[e] la divine Vierge ■à ce merveilleux ouvrage.

Car qui ne sait que ce grand miracle, sur lequel a été fondé [e] la foi des apôtres, [p. 9] fut l'effet de la charité et des prières de Marie ? Lorsqu'elle demanda cette grâce, il semble qu'elle ait été rebutée : Femme, lui dit le Sauveur, qu^y a-t-il entre vous et moi ? Mon heure n^est pas encore venue ''. Quoique ces paroles paraissent rudes et qu'elles aient un air de refus bien sec, Marie ne se croit ^ pas refusée. Elle connaît les délais miséricordieux, les favorables refus, les fuites mystérieuses de l'Époux sacré. Elle sait les secrets ^ par lesquels son amour ingénieux éprouve les âmes fidèles, et sait qu'il nous rebute souvent afin que nous apprenions à emporter par l'humilité et par une confiance persévérante ce que la première demande ^ n'a pas obtenu. Marie ne fut pas trompée dans son attente. Encore ^ que Jésus ait dit que son heure n'est pas ve-

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