‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 473 sur 532 · Yar. : le demande, 10. Yar. : la bienheureuse Marie · texte numérisé non relu

Yar. : le demande, 10. Yar. : la bienheureuse Marie

5. Refuser. En ce sens, ce verbe IL Chef] tête, ne se construit plus avec un com-

ce mystère comme l'ont entendu dès les premiers siècles ^ ceux qui ont traité avant nous les Écritures divines. Mais, mes Frères, ce n'est pas assez qu'elle contribue à les faire naître " ; voyons la part que Jésus lui donne [p. 11] dans leur fidèle persévérance.

Paraissez donc, enfants de miséricorde et de grâce, d'adoption et de prédestination éternelle, fidèles compagnons du Sauveur Jésus, qui persévérez avec lui jusques à la fin ; accourez à la sainte Vierge et venez vous ranger avec les autres sous les ailes de sa charité maternelle. Chrétiens, je les vois paraître, et le disciple chéri de notre Sauveur nous les représente ^ au Calvaire. Puisqu'il suit avec Marie Jésus-Christ jusques à la croix, pendant que les autres disciples prennent la fuite ; puisqu'il s'attache constamment ^ à ce bois mystique ^, qu'il vient généreusement mourir avec lui, i] est la figure des fidèles persévérants, et vous voyez aussi que Jésus-Christ le donne à sa mère "^ : Femme, lui dit-il, voilà votre fils '.

Chrétiens, j'ai tenu parole. Ceux qui savent considél'er combien l'Écriture est mystérieuse, connaîtront par ces trois exemples que Marie * est la mère des appelés, des justifiés [et] des persévérants, et que sa charité féconde est un instrument général des opérations de la grâce. Par [p. 12] conséquent, réjouissons-nous de sa conception bienheureuse: le Ciel nous forme aujourd'hui une protectrice ^. Car cruelle autre peut parler pour

1. Les protestants recevant l'an- mentoj-um {8. Am.hv., De Inst.virgin.. torité des Pères des quatre premiers cap. vu).

siècles, Bossnet s'attache à montrer 7. Joan., xix, 26.

que le culte de la sainte Vierge, tel 8. Var.: qu'elle est par ses pieuses

qu'il l'entend, est conforme à l'en- intercessions — que la charité de

seignement de ces représentants les Marie est un instrument général

plus autorisés de la tradition. des opérations de la grâce.

2. Var.: à la naissance des enfants 9. Première rédaction: Je veux de Dieu. croire avec vous. Messieurs, qu'elle

3. i?epresen<e, personnifie, tient la n'a jamais eu de péché, elle qui, place. comme dit Pierre Chiysologue, était

4. Constamment^ avec constance, engagée au Sauveur Jésus et mar- -courageusement. quée pour lui par le Saint-Esprit

5. Ce bois mystique, symbolique, dès le premier moment de son être : la Croix. Provolat ad sponsam festinus Inter-

(!. Note marginale : Eademque pi'es, ut humanœ clesponsionis arceat

postea Joanni evangelisto' est tradita et suspendat effectum, necjue auf'erat

conjiigium ncscienti. Unde non miror ah Joscphvirginem.sed reddatC'hristo

prœ ceteris locutum mysteria divina, cui est pignorata, cum fieret. (Petr.

cuiprœsto erat aida cœlestium sacra- Chrysol., Serm. CXL, de Annunt.).

nous plus utilement que cette divine mère ? C'est à elle qu'il appartient de parler au cœur de son fils, où elle trouve une si fidèle correspondance ^. Les sentiments de la nature sont relevés et perfectionnés, mais non éteints, dans la gloire ^ ; ainsi elle ne craindra pas d'être refusée ". L^ amour du Fils parle pour les vœux de la Mère ^, la nature elle-même le sollicite en sa faveur ; on cède facilement aux prières quand on est déjà gagné par son amour même ^.

Par conséquent, mes Frères, nous avons appuyé la dévotion envers la Vierge bienheureuse sur un fondement solide et inébranlable. Puisqu'elle est si bien fondée, anathème à qui la nie : il ôte aux chrétiens un si grand secours ^ ! anathème à qui la diminue : il affaiblit les sentiments de la piété ! Dirai-je anathème à qui en abuse ? Non, mes Frères, ils '^ sont enfants de l'Église ; soumis à ses décrets, quoique ignorants de ses maximes : ne les soumettons pas à nos anathèmes, mais instruisons-les de ses règles. Car quel serait notre aveuglement si, après avoir posé un fondement si solide, nous bâtissions dessus de vaines et superstitieuses pratiques ! Après donc que nous avons fondé nos dévotions, apprenons à les rectifier et réglons-en l'exercice par les maximes de l'Église. Je vous dirai, C[hrétien3], en peu de paroles, quel culte nous devons à Dieu, à la sainte Vierge, à tous les esprits bienheureux; et c'est ma seconde partie.

Second Point.

[P. i] La règle fondamentale du culte religieux, c'est qu'il dérive ^ de Dieu et qu'il y retourne en se répan-

1. Coi'respondance, récÏTpvocité. agréablement les prières d'une mère.

2. Lagloire, la gloire éternelle, le 5. Salvian.. Epist. lY {Hypatio et ciel. Qwietœ.). Affectus ipse pro te orat,

H. Ti'ç/asee. Aujourd'hui, on ne met natura ipsa tlbi postulat... ; cito an-

plus. en ce sens, ce verbe au pas«if nunnt qui suo ipsi amore superantur.

avec un nom de personne pour su- (Citation marginale), j^t. (Voir plus haut, p. 607.) Cor- g. Mp. : discours. Inadvertance,

neille a dit : Y ji^^ c'est-à-dire ceux des catho-

Enètre refusé n'en est pas un bon signe. liqnes qui outrent la dévotion à la

(Le Cid, I, m). sainte Vierge. Syllepse.

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