‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 480 sur 532 · On dirait aujourd'hui : d'après · texte numérisé non relu

On dirait aujourd'hui : d'après

assurées ^ ; elles tremblent ^ où il n'y a rien à appréhender, afin de trouver la sûreté dans le péril même ^ ; elles soupçonnent partout des embûches, et craignent moins les injures que les complaisances, moins ce qui choque que ce qui plaît, moins ce qui rebute que ce qui attire ^.

Mais admirez qu'elle pense et qu'elle ne parle pas ; elle n'engage pas la conversation, elle ne s'épanche pas en discours et en questions curieuses''. Où sont celles qui se piquent [de] tirer le plus intime des cœurs ^ et de pénétrer ce qu'il y a de plus caché ^ ? [qui] tendent des pièges où elles sont prises ? Qu'elles apprennent de Marie à être attentives, et non curieuses et inquiètes ; à veiller au dedans plutôt qu'à se répandre au dehors. Elle parle toutefois quand la nécessité l'y oblige, quand le soin [p. xiii] de sa chasteté le demande^. On lui propose d'être mère du Fils du Très-Haut ; quelle femme ne serait point touchée d'une fécondité si glorieuse ? Comment ^ dit-elle, seraije mère, si j^ai résolu d'hêtre toujours vierge ^° ? Elle est prête à refuser des offres si glorieuses ^^ et si magnifiques que l'ange lui fait de la part de Dieu. Elle n'est point flattée de cette gloire, et, plus touchée de son devoir que de sa grandeur, elle commence à craindre pour sa chasteté. O amour de la chasteté, qui n'est pas seulement au-dessus de toutes les promesses des hommes, mais qui est, pour ainsi dire, à l'épreuve de toutes les promesses de Dieu même ! L'ange lui explique le divin mystère et le secret inouï de sa miraculeuse maternité. Elle parle une seconde fois pour céder à la

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