FRAGMENTS
Il est certain que Bossue t prêcha à Saint-Germain le 25 décembre 1669. Une gazette riniée, celle de Ch. Robinet, encore plus médiocre, s'il est possible, que celle de Loret, a du moins le mérite d'attester ^ que notre orateur, en présence du Roi et des princes.
Bornant ses sermons de VAvent, Leur fit avec un style tendre Encor des merveilles entendre Concernant le Verbe incarné.
Et dedans une crèche né...
Selon toute apparence, il n'avait pas écrit de nouveaux discours. Relisant ses plus récentes compositions pour les fêtes de Noël et de la Circoncision, il y avait semé quelques notes marginales ou interlinéaires ^. Nous les avons données, hors du texte 3, en prenant soin d'en indiquer la destination. Elles ne sont ni assez explicites, ni assez complètes, pour nous permettre de reconstituer le sermon de 1669, Tout ce qui nous est possible, c'est d'en donner une analyse, comme nous avons essayé de le faire dans l'Histoire critique de la Prédication de Bossuet *.
La note suivante, sur le sermon de la Circoncision, 1668, paraît indiquer la division : «. Au jour de la naissance du Sauveur, j'entreprends de vous faire voir quelle est la cause de son arrivée, quel est le mal dont il nous sauve, et quel est le saint qu'il nous apporte ^. »
Pour montrer la cause de la venue du Sauveur, l'orateur concentra sans doute en un seul point toute la doctrine du sermon de Noël, 1667, où il avait montré que, si le Fils de Dieu ce vient à notre nature tombée, c'est à dessein de la relever ; s'il prend nos infirmités, c'est pour les guérir ; et s'il s'expose aux misères et aux outrages de la fortune, c'est pour les surmonter et triompher glorieusement de tous les attraits, et de toutes les illusions, et de toutes les terreurs du monde. »
1. Lettre du 4 janvier 1670. ?>. Voyez ci-dessus, p. 280, 297,
2. Notes ajoutées au sermon de 298, 314. 316. B17, 318, 310, 447-455. Noël l(»r)7. et à ceux de la Circonci- 4. P. 255-258.
sion. 1008 et 1669 (Ms. fr. 12821, 5. Cf. plus haut, p. 297.
fo> 261, 311, etc.).
Le mal dont il nous sauve était expliqué principalement d'après le premier point du sermon de 1669 pour la fête de la Circoncision i.
Le salut qu'il nous apporte était le sujet de la dernière partie. C'est manifestement la délivrance entière de la tyrannie du péché. Cependant cette partie ne devait pas se confondre avec la précédente: là, la grandeur du mal; ici, l'excellence du remède. Cette dernière démonstration pouvait être cueillie çà et là dans tout le sermon de la Circoncision, 1668. L'attention de l'auteur se porta surtout, à ce qu'il semble, sur le troisième point. Les notes y sont très abondantes ^.
Elles le furent plus encore sur la péroraison, non sur celle de Dijon (1668) , qui contenait une allocution à Condé, mais sur celle du 1^'' janvier suivant, à Saint-Thomas-du-Louvre 3. Nous la donnons ici sous sa forme définitive •^.
Péroraison.
[P. j] Pour nous préparer à entrer dans cette joie abondante, corrigeons les joies de la terre''. Je veux bien ne parler pas, si vous voulez, de tous ces vains; divertissements considérés en eux-mêmes : parlons des circonstances qui les accompagne [nt]. Oserions-nous y penser dans cette chaire ? Pendant que Jésus commence le cours d'une vie pénible, nous allons, non pas commencer, mais continuer avec un renouvellement d'ardeur une vie toute dissolue^. Le carnaval, mieux observé que le carême, va devenir la grande affaire du monde. Masquer, déguiser, danser, courir, aller deçà et delà ; dégoût, renouvellement d'ardeur, encore dégoût, mouvement alternatif ^ : voilà la grande occupation de ceux qui se disent chrétiens ^. Les forces épuisées, on n'en trouvera plus pour le saint Carême. Infatigables pour les plaisirs, on commence à devenir infirmes pour la pénitence. Les médecins ne suffiront pas à écrire ^ les
1. Ci-dessus, p. 447. Voy. la note : 6. Première rédaction (ler jan- (( Il naît comme un banni... » vier) : Jésus-Christ est né, et pen-
2. Cf. plus haut, p. 314-321. dant qu'il commence le cours d'une