Jerem., xvii, 5. S. Matth., xxvii
2. Note marginale : d Peut-être ce 4. Ms. : qu'il a délaissé, qui est dit de l'innocence ex Platone 5. Luc, xxiii, 46. serait mieux ici. » — Ci-dessus, <»• 1 Joan., ii, 15.
la croix : Nnnc judicimn est mundi. Le jugement est donné; reste que vous veniez à l'exécution sur vousmême, pour vous-même, contre vous-même ^.
Troisième Point.
Vous vous êtes engagés à cette exécution par le saint baptême : a In morte ipsius haptizati sumus ^ : en sa mort, » en sa croix, en ses douleurs, en ses infamies et en ses opprobres. Il a répandu pour nous sur le monde toute l'horreur de son supplice, toute l'ignominie de sa croix, tous les travaux ^, toutes les pointes de ses épines, toute l'amertume de son fiel : Mihi mundus criicifixns est, et ego mundo^. (V. Vêture : Venenmt nuptise Agni^f en abrégé). Il faut donc exécuter le monde en nous-même[s], et le crucifier pour l'amour de Jésus. Jésus a déshonoré le monde; il l'a crucifié.
Mais nous aimons mieux crucifier Jésus-Christ luimême, et participer au crime des Juifs contre lui, que de suivre l'exemple du Fils de Dieu. Pourquoi l'ont-ils crucifié, sinon parce qu'il se disait le Fils de Dieu, sans contenter leur ambition, sans les faire dominer sur toute la terre, comme ils se le promettaient de leur Messie ? N'est-ce pas un tel sauveur que nous désirons, qui nous sauve de la pauvreté, de la sujétion et de la douleur, etc. ? Et parce qu'il ne le fait pas, et qu'il ose avec cela se dire notre sauveur, nous nous révoltons contre lui.
D'où est née cette troupe de libertins que nous voyons s'élever si hautement au milieu du christianisme contre les vérités du christianisme ? Ce n'est pas qu'ils soient irrités de ce qu'on leur propose à croire des mystères
1. Note interlinéaire : 0 medici- comprimentem. omnia tahescentia re-
nam omnibus considentem, ete. (De Jjcientein^ommasuperfluaresecantem,
Agon. Christ.). — Deforis utilise omnia necessaria custodientem, omnia
ceci i;n peu plus haut, en traduisant perdita reparantem, omnia depra-
d'abord, puis en citant le latin : il vata corrigentem. Quis heatam vitam
est vrai que le développement ne essearhitreturiniisquœcontemnenda
pouvait se placer après la transition esse docuit Filius Deif (De Agon.
tiu 3e point; mais l'intention de Christ., cap. xi, n. 12.) l'orateur n'était nullement, est-il 2. Rom., vi, 3.
besoin de le dire ? de se borner à 3. Trois mots écrits au crayon,
traduire et à citer une tirade latine. 4. (ïalat., vi, 14.
Yoici du moins le passage dont il 5. Celle du 14 septembre 1660^
voulait s'inspirer : 0 medicinam cm- t. III, p. 528 et suiv. nihus cotisidentem, omnia tumentia
incroyables : ils n'ont jamais pris la peine de les examiner sérieusement. Que Dieu engendre dans l'éternité, que le Fils soit égal au Père, que les profondeurs du Verbe fait chair soient telles que vous voudrez : ce n'est pas ce qui les tourmente; ils sont prêts à croire ce qu'il vous plaira, pourvu qu'on ne les presse pas sur ce qui leur plaît. A la bonne heure, que les secrets de la prédestination soient impénétrables ; que Dieu en un mot soit et fasse ce qu'il lui plaira dans le ciel, pourvu qu'il les laisse sur la terre contenter leurs passions à leur aise. Mais Jésus-Christ est venu pour leur faire haïr le monde, etc. ; c'est ce qui leur est insupportable, c'est ce qui fait la révolte, c'est ce qui fait qu'ils le crucifient. Prenez donc parti, Ch [rétiens] : ou condamnez Jésus-Christ, ou condamnez aujourd'hui le monde : Si Baal est Deus, [sequimini illum'] \
Mais, ô Dieu, nous n'osons plus parler de la sorte ! On parlait en ces terme [s], quand la révérence de la religion était encore assez gravée dans les cœurs pour n'oser prendre parti contre Dieu quand on sera en nécessité de se déclarer. Mais maintenant, mes Frères, si nous pressons la plupart de nos auditeurs [f° 4] de se déclarer entre Jésus-Christ et le monde, Jésus perdra sa cause, le monde sera hautement suivi, tant le christianisme est aboli, tant le baptême est oublié ! Je ne vous laisse donc point d'option : non, non, la cause est jugée ; il n'y a rien à délibérer : Nunc judicium est înundi, il faut condamner le monde. Voici les jours salutaires où vous approcherez de la sainte table ; c'est là qu'il faut condamner le monde, « de peur, connue dit l'Apôtre, que vous ne so^^ez damnés avec le monde : Ut non cum. hoc mundo damnemur^ (I Cor., xi). » Mais ne le condamnez pas à demi, comme vous avez fait jusqu'à présent. Vous ne voulez pas aimer, vous voulez plaire; vous ne voulez pas être asservie^, vous voulez asservir les autres, et faire perdre à ceux que Jésus a affranchis par son sang une liberté qui a coûté un si grand prix : Lacerata est lex ; et non pervenit iis-