‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 6 sur 532 · Édit. : que de leur liberté. — de phrase · texte numérisé non relu

Édit. : que de leur liberté. — de phrase

Bossuet avait écrit : « qu'ils font de 3. Franchise^ liberté.

liberté [p* 5] véritable, c'est d'être soumis aux lois ^.

Quand je vous parle, Messieurs, de la liberté véritable, vous devez entendre par là qu'il y en a aussi une apparente^; et c'est ce qui paraît clairement dans ces paroles du Sauveur : « Si vos Filius liheraverit, vere liberi eritis ^ : Vous serez vraiment libres, dit-il, quand je vous aurai affranchis. » Quand il dit que nous serons vraiment libres, il a dessein de nous faire entendre qu'il y a une liberté qui n'est qu'apparente ; et il veut que nous aspirions, non à toute sorte de franchise, mais à la franchise véritable, à la liberté digne de ce nom, c'est-à-dire à celle qui [p. 6] nous est donnée par sa grâce et par sa doctrine : vere \liheri eritis,^ C'est pourquoi nous ne devons pas nous laisser surprendre par le nom ni par l'apparence de la liberté. Il faut ici nous rendre attentifs à démêler le vrai d'avec le faux; et pour le faire nettement et distinctement, je remarquerai. Chrétiens, trois espèces de liberté, que nous pouvons nous figurer dans les créatures : la première, c'est la liberté des animaux ; la seconde, c'est la liberté des rebelles ; la troisième, c'est la liberté des sujets et des enfants. Les animaux semblent être libres^, parce qu'on ne leur prescrit aucunes lois ; les rebelles s'imaginent l'être, parce qu'ils secouent le joug des lois ; les sujets et les enfants de Dieu le sont en effet, parce qu'ils se soumettent humblement à la [p. 7] sainte autorité des lois. Telle est la liberté véritable ; et U nous sera aisé de l'établir solidement par la destruction des deux autres.

Et premièrement. Chrétiens, pour ce qui regarde cette liberté dont jouissent les animaux, j'ai honte de l'appeler de la sorte et de ravilir ^ jusques-là un si beau nom. Il est vrai qu'ils n'ont pas de lois qui répriment leurs appétits, ou dirigent leurs mouvements ; mais c'est qu'ils n'ont pas d'intelligence qui les rende capables d'être gouvernés par la sage direction des lois : ils vont

1. Cicéron dit de même: Legum était déjà dans la mémoire de Bosidcirco omnes servi sumus, ut liberi siiet quand il composait les Vêtures esse possimus. (Pro Cluentio^JAlI.) pour des postulantes bernardines,

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