‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 7 sur 532 · Var. : fausse. en 1656 et · texte numérisé non relu

Var. : fausse. en 1656 et

3. Joan., VIII, 36. — Ms. : tune 4. Var. : paraissent libres. vere... De même plus bas. — Ce tune 5. Var. : ravaler.

t) CARÊIME DE SAINT-GERxMAIN.

OÙ les pousse un instinct aveugle, sans conduite et sans jugement; et appellerons-nous liberté un emportement^ brute ' et indocile, incapable de raison et de discipline ? [p. 8] A Dieu ne plaise, ô enfants d'Adam, ô créatures raisonnables que Dieu a formées à son image ; à Dieu ne plaise, encore une fois, qu'une telle liberté vous agrée, et que vous consentiez^ jamais d'être libres d'une manière si basse ! Et toutefois, Chrétiens, qu'entendons-nous ^ tous les jours dans la bouche des hommes du monde ? Ne sont-ce pas eux qui trouvent toutes les lois importunes, et qui voudraient les voir abolies, pour n'en recevoir que d'eux-mêmes et de leurs désirs déréglés ? Peu s'en faut que nous n'enviions aux animaux leur liberté, et que nous ne célébrions hautement le bonheur des bêtes sauvages, de ce qu'elles n'ont dans leurs désirs autres lois que leurs désirs mêmes : tant nous avons ravili l'honneur de notre nature !

[P. 9] Mais au contraire, Messieurs, le docte Tertullien en avait bien compris la dignité, lorsqu'il a prononcé cette sentence, au second livre contre Marcion, Cjui est en vérité un chef-d'œuvre de doctrine et d'éloquence : c( Il a fallu, nous dit-il, que Dieu donnât des lois à l'homme, non pour le priver de sa liberté, mais pour lui témoigner de l'estime : [Legem... honitas erogavit, consulens homini quo Deo adh3ereret,'\ ne non tam liher, qiiam ahjectus videretnr "^ . » Et certes cette liberté de vivre sans lois eût été injurieuse à notre nature. Dieu eût témoigné qu'il méprisait l'homme, s'il n'eût pas daigné le conduire et lui prescrire l'ordre de sa vie ; il l'eût traité comme les animaux, auxquels il ne permet de vivre sans lois que [p. lOJ par le peu d'état qu'il en fait, « et qu'il ne laisse libres de cette manière, dit le même TertuUien, que par mépris : Mquan-

1 Var • nn Tnnn vdnipnt Que lui reviendrait-il de ces brutes ouvraçes?

i. > ar. . un moinemeni. -^ {Vo-LTAIV.U, Discours de la Liberté.)

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