‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 66 sur 532 · Deforis ajoute une phrase de sa 6. Ps. cxviii · texte numérisé non relu

Deforis ajoute une phrase de sa 6. Ps. cxviii

SUR l'enfant PRODKiUE. 83

dit le même Psalmiste, « les misères ' nous trouvent toujours trop facilement : Adjutor in trihulationibus quse invenerunt nos nirnis ^. » Mais maintenant, dit ce saint prophète, j'ai enfin trouvé une douleur qui méritait bien que je la cherchasse : c'est la douleur d'un cœur contrit et d'une âme affligée de ses péchés ; je l'ai trouvée, cette douleur, et j'ai [p. x] invoqué le nom de Dieu. Je me suis affligé de mes crimes, et je me suis converti à celui qui les efface ; mes regrets ont fait mon bonheur, et les remords " de ma conscience m'ont donné la paix : Tribulationem et dolorem [inveni, et nomen Domini invocavi^ .

Mais le temps où l'homme de bien goûtera plus utilement les fruits de cette douleur salutaire, ce sera celui de la mort ; et il faut qu'en finissant ce discours, je tâche d'imprimer cette vérité dans vos cœurs, [p. xi] Pour cela, considérons un moment les dispositions d'un homme qui meurt après avoir vécu parmi les plaisirs. Alors, s'il lui reste quelque sentiment, il ne peut éviter des regrets extrêmes ; car ou il regrettera de s'y être abandonné, ou il déplorera la nécessité de les perdre et de les quitter pour toujours. O douleur et douleur ! L'une est le fondement de la pénitence, et l'autre est le renouvellement de tous les crimes. On ne peut éviter, mes Frères, l'une ou l'autre de ces deux douleurs. Maif? laquelle l'emportera dans ce dernier jour ? c'est ce que l'on ne peut savoir ; et, pour vous dire mon sentiment, ce sera plutôt la seconde.

Vous pensez peut-être, mes Frères, que, pendant que la mort nous enlève tout, on se résout assez aisément à tout quitter, et qu'il n'est pas difficile * de se détacher de ce qu'on va perdre. Mais [si] vous entrez dans le fond des cœurs, vous verrez "^ qu'il faut craindre un effet contraire. En effet, il est naturel à l'homme de redoubler ses efforts pour retenir le bien qu'on lui ôte. Oui, mes Frères, quand [on] nous arrache ce que nous aimons, [on] ressent tous les jours que nos désirs s'ir-

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