‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 67 sur 532 · Var, : troubles · texte numérisé non relu

Var, : troubles

ritent par la violence qu'on leur fait ^ ; «t l'âme faisant alors un dernier effort pour courir après son bien, qu'on lui ravit, produit en elle-même cette passion que nous appelons le regret et le déplaisir. C'est ce qui fait qu'Agag, [p. xii] roi" d'Amalec, qui nous est représenté dans les Écritures comme un homme de plaisir ^, A gag pin guis simus, au moment de perdre la vie, qu'il avait trouvée si délicieuse, pousse cette plainte du fond de son cœur : « Sîccine séparât amara mors * ? Est-ce ainsi que la mort amère sépare de tout ? » Vous voyez comme, à la vue de la mort, qui lui arrache de vive force ce qu'il aime, tous ses désirs se réveillent par ses regrets mêmes, et qu'ainsi la séparation effective augmente dans ce moment l'attache de la volonté.

Qui ne craindra donc, Chrétiens, que notre âme fugitive "" ne se retourne tout à coup en ce dernier jour à ce qui lui a plu dans le monde désordonnément ; que notre dernier soupir ne soit un gémissement secret ^ de perdre tant de plaisirs; et que ce regret amer d'abandonner tout ne confirme, pour ainsi dire, par un dernier acte tout ce qui s'est passé dans la vie ? O regret funeste et déplorable, qui renouvelle en un moment tous les crimes, qui efface tous les regrets de la pénitence, et qui livre notre âme malheureuse "^ à une suite éternelle de regrets furieux et désespérants, qui ne recevront jamais d'adoucissement ni de remède !

[P. XIII ] Au contraire, un homme de bien, que les douleurs de la pénitence ont détaché de bonne foi des joies sensuelles, n'aura rien à perdre en ce jour ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps ; et ayant, depuis fort longtemps, ou dénoué, ou rompu ces liens délicats qui nous y attachent, il aura peu ^ de peine à s'en séparer. Un tel homme, dégagé du siècle, qui a mis toute son espérance en la vie future, voyant appro-

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