‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 84 sur 532 · Ephes.. TV, 26. Grarnier, 1873 ; chez Briday · texte numérisé non relu

Ephes.. TV, 26. Grarnier, 1873 ; chez Briday

2. Yar. : L'Apôtre ne peut com- ont rétabli la date véritable, donnée prendre... par Gandar dans son Bossuet ora-

3. Lâchât, substituant arbitraire- teiu- ; mais elles ont laissé subsister ment à cette péroraison celle de l'interpolation. On prête ainsi à Bos- 1662, a donné bien à tort cette date suet un langage que les événements à tout le sermon. Les éditions sui- avaient rendu aussi impossible en vantes (chez Guérin, 1870; chez 1666 qu'il était convenable en 1662.

Vendredi de la 3^ semaine. 2 avril 1666.

Le titre, sur l'enveloppe i, porte: 5^ sem[^aine], 3^ ser[moïi], Samaritaine 2 ; et c'est bien de cet évangile de la Samaritaine qu'est tiré le texte et le sujet du présent discours. Fut-il prononcé ? La Gazette ne le dit pas ; mais on ne peut rien conclure de son silence, sinon peut-être que le Roi n'y aura pas assisté. Dans r Histoire ciitique de la Prédication de Bossuet ^, nous avons considéré comme une présomption pour l'affirmative l'existence d'une péroraison écrite après coup et intitulée : Contre la Paresse. Il en est de même des indications pour l'Ave, que nous donnerons en note au début du discours. On pourrait toutefois objecter, en ce qui concerne la péroraison, qu'elle semble plus récente que le discours même. Il est difficile de dire si la rapidité d'une rédaction de la dernière heure suffit à rendre compte de la différence d'aspect "*.

On trouve de même un certain nombre de corrections ou additions, qui, sous la forme définitive, peuvent paraître plus voisines de 1669 que de 1666. Mais la plupart avaient d'abord été écrites au crayon. Plusieurs sont devenues presque illisibles. Elles l'étaient peut-être déjà en partie, quand l'auteur les récrivit à la plume. Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux qu'il s'est relu plus tard, soit pour composer les développements importants qu'il ^voulait ajouter en réponse aux écrits publiés contre VExpo-

1. Ms. fr. 12822, fos 266-284. In-4, Un homme vous a outragré, vous disavec marsre. simulez ses outrages. Mais quand,

2. F^ 267. Il est suivi de cette phra- en vous outrageant, il traite encore se, que nous avons également ren- avec vous avec la même familiarité contrée sur l'enveloppe du sermon que s'il vous était fidèle : Clama^ ne sur V Honneur : <j( Celui qui se glori- cesses. — Un roi à qui on manque fie dans ses bonnes oeuvres ravage de fidélité ; on vient, comme si de sa propre moisson. » — On y lit en- rien n'était, à sa cour... A plus forsuite cet extrait d'Isaïe, avec ces te raison de Dieu. » V. Past. Greg.^ quelques réflexions, qui semblent 2 pars, c. 10, 11.

plutôt témoigner des préoccupa- 3. P. 228.

tions de l'orateur chrétien que se 4. La couleur de l'encre, beaucoup rapporter directement à son dis- plus noire, y contribue sensiblecours :C(CZffma, ?îe cesses,... annwn^ia ment. Mais nous en trouverons domui Jacob (non aux G-entils ; mais bientôt de semblable dans ce Carêson alliance). Quel sujet de ce cri ? me de 1666 sur la Haine de la Véri- Me etenim de die in diem quœrunt, et té, dans les parties refaites du serscire vias meas volunt. Quasi gens mon sur la Justice, et dans celui du quœjustitiamyecerit, etc. appropin- Vendredi- saint. quare Deo volunt. {Is., LVlll, 1, 2).

lOÔ CARÊME DE SAINT-GERMAIN.

sition de la doctrine de l'Église catholique sur les matières de controverses (rédigé dès 1668), et dont une notable partie porte précisément sur le culte d'adoration que nous devons à Dieu seul 1 ; soit à l'occasion d'un nouveau discours ayant avec quelques passages de celui-ci une certaine analogie, tel que le sermon sur la Dévotion envers la sainte Vierge, dans l'A vent royal de Saint-Germain (1669). Dans le doute sur l'origine primitive de ces notes ou additions, nous les laisserons dans le corps du discours, en ayant soin du reste de les signaler en détail.

Lâchât donne une première péroraison, qui n'a jamais eu ce caractère. C'est une ébauche, que Deforis avait interpolée, avec un peu plus de vraisemblance, dans les dernières pages du premier point. Elle contient, en réalité, des notes préliminaires pour le second. Elles ne sont pas entrées dans la rédaction définitive. L'idée qui y domine se retrouvera trois semaines plus tard dans la fin du sermon sur la Justice (2^ rédaction du 3e point).

Veri adoratores adorahunt Patrem in spiritu et veritate.

Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.

(Joan., IV, 23.)

[P. 1] Toute ^ la nature veut honorer Dieu, et adorer son principe autant qu'elle en est capable. La créature privée de raison et de sentiment n'a point de cœur pour l'aimer, ni d'intelligence pour le comprendre : c( ainsi, ne pouvant connaître, tout ce qu'elle peut, dit saint Augustin, c'est de se présenter elle-même à nous pour être du moins connue, et pour nous faire connaître son divin auteur : Quœ cum cognoscere non possit, quasi innotescere velle videtur^. » C'est pour cela qu'elle étale à nos yeux avec tant de magnificence son ordre, ses diverses opérations et ses infinis ornements^. EHe

1. On peut les voir dans l'édition l'humble sujet et le religieux adora- Lachat, t. XIII, p. 121 à 167. teur de la nature divine. Nous som-

2. Bossuet retranche ici deux mes pressés de toutes parts de /enphrases, et y substitue cette yiote dre nos hommages à ce premier Être. marginale: « Le commencement qui nous a produits par sa puissanpour VAve Maria : Ignorance des ce, et nous rappelle à lui-même par choses divines. Ser)non de la Cha- l'ordre de sa sagesse et de sa bonté.» nanée^ p. 8. — La cour à Dieu. )) — — Peut-être devaient-elles trouver Ce sermon perdu était probablement place dans V Ave.

celui du vendredi de la première se- 3. De Civit. Dei. lib. XI. cap.

maine, dans le Carême du Louvre. — XXA'^II.

Voici les deux phrases retranchées, 4. Var. : ses opérations et ses dif-

que les éditeurs maintiennent en férents ornements, - ses ornements

tête du discours : « La plus noble divers.

qualité de l'homme c'est d'être

ne peut voir, elle se montre ; elle ne peut adorer, elle nous y porte; et ce Dieu qu'elle n'entend pas, elle ne nous permet pas de l'ignorer. C'est ainsi qu'imparfaitement et à sa manière, elle glorifie le Père céleste. Mais l'homme, animal divin, plein de raison et d'intelligence, et capable de connaître Dieu par lui-même et par toutes les créatures, est aussi pressé par lui-même et par toutes les créatures [p. 2] à lui rendre ses adorations. C'est pourquoi il est mis au milieu du monde, mystérieux ^ abrégé du monde, afin que, contemplant l'univers entier et le ramassant en soi-même, il rapporte uniquement à Dieu et soi-même et toutes choses ; si bien qu'il n'est le contemplateur" de la nature visible, qu'afin d'être l'adorateur de la nature invisible qui a tout tiré du néant par sa souveraine puissance.

Mais, mes Frères, ce n'est pas assez que nous connaissions combien nous devons de culte à cette nature suprême, si nous ne sommes instruits de quelle manière il lui plaît d'être adorée. C'est pourquoi le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est venu pour nous rapprendre ^ ; et nous en serons parfaitement informés, si nous entendons ce que c'est que cette sublime adoration en esprit et en vérité que Jésus-Christ nous prescrit ^.

Pour rendre à Dieu un culte agréable, il faut observer, Messieurs, deux conditions nécessaires : la première, que nous connaissions ce qu'il est ; la seconde, que nous disposions nos cœurs envers lui [p. 3] d'une façon qui lui plaise. Il me semble que le Sauveur nous a enseigné ces deux conditions dans ces deux paroles de mon texte : En esprit et en vérité. Le principe de notre culte, c'est que nous ayons de Dieu des sentiments véritables, et que nous le croyions " ce qu'il est. La suite de cette croyance, c'est que nous épurions devant lui nos intentions, et que nous nous disposions comme il le demande. La première de ces deux choses nous est exprimée par l'adoration en vérité, et la seconde est comprise ^ par l'adoration en esprit. Je veux dire que l'ado-

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