‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 150 sur 296 · I. Vor. en forme humaine parlait · texte numérisé non relu

I. Vor. en forme humaine parlait

de ces vérités : elles sont toutes fort importantes pour ce que j'ai à vous dire.

Poursuivons maintenant et disons : Nous venons d'apprendre de Tertullien que le Verbe divin, longtemps devant qu'il se fût revêtu d'une chair humaine, se plaisait pour ainsi dire, à se revêtir par avance [p. 13] de la forme et des sentiments humains ; tant il était passionné, si j'ose parler de la sorte, pour notre misérable nature. Quel sentiment plus humain que l'affection envers les parents ? Par conséquent le Fils de Dieu, longtemps avant que d'être homme, aimait Marie comme sa Mère ; il se plaisait dans cette affection : il ne cessait de veiller sur elle : il détournait de dessus son temple les malédictions des profanes : il l'embellissait de ses dons, il la comblait de ses grâces, depuis le premier instant où elle commença le cours de sa vie, jusqu'au dernier soupir par lequel elle fut terminée. C'est la conséquence que je prétendais tirer de ces savants principes de Tertullien. Elle me semble fort véritable; elle établit, à mon avis, puissamment l'Immaculée conception de Marie. Et en vérité cette opinion a je ne sais quelle force qui persuade les âmes pieuses. Après les articles de foi, je ne vois guère de chose plus assurée (').

C'est pourquoi je ne m'étonne pas que cette célèbre école des théologiens de Paris oblige tous ses enfants à défendre cette doctrine. Savante compagnie, cette piété pour la Vierge est peut-être l'un des plus beaux héritages que vous ayez reçu de vos pères. Puissiez-vous être à jamais florissante ! puisse cette tendre dévotion que vous avez pour la Mère, à la considération de son Fils, porter bien loin aux siècles futurs cette haute réputation que vos illustres travaux vous ont acquise par toute la terre! Pour moi je suis ravi, chrétiens, de suivre aujourd'hui ses intentions. Après avoir été nourri de son lait, je me soumets volontiers à ses ordonnances; d'autant plus que c'est aussi, ce me semble, la volonté de l'Eglise. P21le a un sentimtMit fort honorable de la conception de Marie : elle ne nous oblige pas de l.i croire immaculée; mais elle nous fait entendre cjue cette créance

I. Paroles remarquables, avant la définition de ce douane (1S54).

Sermons de Uossuct. t6

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lui est agréable. Il y a des choses qu'elle commande, où nous faisons connaître notre obéissance : il y en a d'autres qu'elle insinue, où nous pouvons témoigner notre affection. Il est de notre piété, si nous sommes vrais enfants de l'Église, non seulement d'obéir aux commandements, mais de fléchir aux moindres signes {') d'une mère si bonne et si sainte. Je vous vois tous, ce me semble, dans ce sentiment. Mais ce n'est rien d'être jaloux de défendre la pureté de Marie, si nous ne sommes soigneux de conserver la pureté en nousmêmes. C'est à quoi peut-être vous serez portés par la briève réflexion qui va fermer ce discours; du moins je l'espère ainsi de l'assistance divine.

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