‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 198 sur 296 · Var. l'ornement · texte numérisé non relu

Var. l'ornement

3. Var. et vous connaître/ encore mieux leur intention dans la suite île mon discours.

N'appréhendez pas, chrétiens, que des serviteurs si fidèles de Jésus-Christ veuillent (') diminuer l'honneur de leur Maître, en lui associant en quelque sorte l'heureuse Marie. Certes c'est peu connaître la grandeur de Dieu, de penser que sa gloire soit diminuée quand il en fait part à ses créatures. En cela dissemblable de nous, en donnant une partie, il retient le tout. Si tout cela vous semble étrange d'abord, considérez que Dieu a cela de propre, qu'il est le seul qui donne sans se dépouiller. Certes il n'agit pas comme nous, qui partageons nos soins à plusieurs, afin que la peine nous en pèse moins. Il n'en est pas ainsi du Dieu vivant ; quand il associe ses créatures à ses ouvrages, ce n'est pas qu'il se décharge, mais il les honore ; et ainsi la gloire lui appartient toute. C'est pourquoi l'Apôtre saint Paul n'a pas cru diminuer la grandeur de Dieu, quand il s'appelle non seulement son ministre, mais encore son coopérateur, «ruvepyô;. Vous diriez qu'il se fasse (^) le compagnon de Dieu ; mais à Dieu ne plaise qu'il soit {^) ainsi ! Il sait que cette partie de l'ouvrage qu'il a plu à Dieu de lui commettre n'en est pas moins à Dieu parce qu'il daigne se servir de son ministère. Si donc les anciens Pères nous ont enseigné que Marie est associée singulièrement au grand ouvrage du Fils de Dieu, ils ne ravissent pas pour cela la gloire au Sauveur ; il y aurait de la malice à le croire. Mais pour éclairer leur pensée et pour vous apprendre le sens des éloges que l'Eglise donne à la sainte Vierge, remontons à l'origine des choses ; et voyons par quelle raison il était à propos que la sainte Vierge eût tant de part à l'œuvre de notre salut qu'elle méritât d'être associée au Fils de Dieu, qui en est l'auteur.

Chrétiens, une des choses les plus touchantes dans la réparation de notre nature, c'est de voir que l'ineffable bonté de Dieu prend plaisir d'employer à notre salut tout ce qui a contribué à notre ruine. C'est ce qu'il est nécessaire que vous remarquiez avec les vénérables docteurs de l'Eglise, dont je tiens cette pieuse observation. Certes il est sans

Page 1