Edit. et infiniment malheureux
2. Ms. son affection. — Distraction, provenant d'une rédaction précipitée.
3. C'est cet alinéa, si plein de piété et d'onction, que les anciens éditeurs avaient été obligés de supprimer, pour ne pas faire répéter deux fois à l'orateur un même développement.
Sauveur nous aime si fort, qu'il ne refuse avec nous aucun titre d'affinité, ni aucun degré d'alliance : il nous donne quel nom il nous plaît (') ; nous lui touchons de si près (^) qu'il nous plaît, pourvu que nous fassions la volonté de son Père céleste. Et quelle est la volonté du Père céleste, sinon que nous aimions son bien-aimé ? « Celui-ci, dit-il ('*), est mon Fils bien-aimé dans lequel je me suis plu dès l'éternité. » Tout lui plaît en Jésus, et rien ne lui plaît qu'en Jésus, et il ne reconnaît pas pour siens ceux qui ne consacrent pas leur cœur à Jésus.
Ah ! que je vous demande, fidèles, le faisons-nous ? Notre Sauveur a dit : « Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à soi-même {^). » Qui de nous a renoncé à soi-même ? « Tous cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus- Christ : » Omnes qitœ sua sunt quœruîit, non qttœ J^^u- Christ/ (^). Avez-vous jamais bien compris quel ouvrage c'est, et de quelle difficulté, que de renoncer à soi-même ? Vous avez, dites-vous, quitté les mauvaises inclinations aux plaisirs mortels : Dieu vous en fasse la grâce par sa bonté ! Mais une injure vous est demeurée sur le cœur ; vous en poursuivez la vengeance : vous n'avez point renoncé à vousmêmes. — Mais j'ai surmonté ce mauvais désir ; c'est tout ce que Jésus-Christ demande de moi. — Nullement, ne vous y trompez pas ; ce n'est pas assez ; recherchez les secrets de vos consciences : peut-être que l'avarice, peut-être que ce poison subtil de la vaine gloire, peut-être qu'un certain repos de la vie, un vain désir de plaire au monde, et cette inclination si naturelle aux hommes de s'élever toujours au-dessus des autres, ou quelques autres affections pareilles régnent en vous. Si cela est ainsi, vous n'avez point renoncé à vous-mêmes. Bref, considérez, chrétiens : nous sommes au milieu d'une infinité d'objets qui nous sollicitent sans cesse : tant qu'il y a une fibre de notre cœur cjui est attachée aux choses mortelles, nous n'avons point renoncé à nous-mêmes; et par conséquent nous ne suivons pas celui qui a dit : « Si
a. MattJi., III, 17. — b. Ibid.^ XVI, 24. — c. Philipp.^ Il, 21.