‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 206 sur 296 · C'est-à-dire : (f aussi />r?s · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : (f aussi />r?s

quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même». Et si nous ne le suivons pas, où en sommes-nous ?

Qui est donc celui, direz-vous, qui a vraiment renoncé à soi-même ? Celui qui méprise le siècle présent, qui ne craint rien tant que de s'y plaire, qui regarde cette vie comme un exil ; « qui use des biens qu'elle nous présente comme n'en usant pas, considérant sans cesse que la figure de ce monde passe ('') ; » qui soupire après Jésus-Christ, qui croit n'avoir aucun vrai bien ni aucun repos, jusqu'à ce qu'il soit avec lui. Celui-là a renoncé à soi-même, et peut présenter à Jésus un cœur qui lui sera agréable ; parce qu'il ne brûle que pour lui seul. Si nous n'avons pas atteint cette perfection, comme sans doute nous en sommes bien éloignés, tendons-y du moins de toutes nos forces, si nous voulons être appelés chrétiens. Vivant ainsi, fidèles, vous pourrez prier la Vierge avec confiance qu'elle présente vos oraisons (') à son Fils Jésus; vous serez ses véritables enfants en Notre-Seigneur Jésus-Christ : vous l'aimerez, elle vous aimera pour Notre- Seigneur Jésus-Christ ; elle priera pour vous au nom de son Fils Jésus-Christ, elle vous obtiendra la jouissance parfaite de son Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est l'unique félicité. A7nen.

rt. I C^r., VII, 31.

I. Cette fin du manuscrit, affreusement difficile, a été très bien déchiffrée par Deforis.

PANEGYRIQUE de SAINT BERNARD

à Metz, 20 août 1653 (')■

L'apostrophe à la « puissante ville de Metz, » qui se rencontre vers la fin du discours, l'invitation que l'orateur lui adresse d'honorer son libérateur, se rapportent au bienfait reçu cinq cents ans auparavant. Le comte de Bar, Renaud II, après avoir défait les Messins, près de Pont-à-Mousson, allait leur livrer une seconde bataille, lorsque saint Bernard, presque mourant, les sauva par son intervention auprès du vainqueur. L'étude du manuscrit, retrouvé après de longues recherches, ne permet pas de douter que le discours n'ait été prononcé à l'anniversaire même de cette délivrance.

Le texte conforme à l'autographe paraît ici pour la première fois. L'œuvre avait semblé assez importante à Deforis, pour qu'il se laissât tenter d'unir ses talents à ceux de Bossuet. On fera disparaître ici ses embellissements. Ils ne laissaient voir qu'en partie le contraste sublime qui éclate partout entre une rudesse tout archaïque et une inspiration déjà digne de la maturité. Il était naturel que Bossuet se surpassât en célébrant son illustre compatriote. Gandar, sans avoir vu l'original, a bien reconnu, à la simple lecture de l'imprimé, la « verve impétueuse qui déborde et se précipite. » (Bossuet orateur^

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Je n'ai pas estimé que je susse aucune chose parmi vous, si ce n'est JÉSUS- Christ, et Jésus-Christ crucifié.

(I CV;r., II, 2.)

NOS églises de France ont introduit dans le siècle dernier une pieuse coutume de commencer les prédications en invoquant l'assistance divine par les intercessions

1. Ms. appartenant h, M'"<= Guillemot, de Dijon. Collationnc^ avec le concours de M. J. d'Arbaumont. — Ce ms. a ctc pa>;inc, à une date postérieure, et sans doute résumé. Mais le sommaire ne nous est pas parvenu.

2. En relisant son (uuvre, quelques années plus lard, l'auteur modifiera quelques expressions du premier point. Dans sa vieillesse, il pronom^a en outre un panégyrique de saint Bernard, en 1689, chez les Bernardines du Tont-aux- Damcs, diocèse de Meaux. (Ledieu, Mt'i/ioircs, p. 57.) Mais h cette époque il improvisait ordinairement ses discours.

de la bienheureuse Marie. Comme nos adversaires ne pouvaient souffrir l'honneur si légitime que nous rendons à la sainte Vierge, comme ils le blâmaient par des invectives aussi sanglantes qu'elles étaient injustes et téméraires, l'Église a cru qu'il était à propos de résister à leur audacieuse entreprise, et de recommander d'autant plus cette dévotion aux fidèles que l'hérésie s'y opposait avec plus de fureur. Et parce que nous n'avons rien de plus vénérable que la prédication du saint Évangile, c'est là qu'elle invite tous ses enfants à implorer les oraisons de Marie, qu'elle reconnaît leur être si profitables.

Mais il y a, ce me semble, une autre raison plus particulière de cette sainte cérémonie : c'est que le devoir des prédicateurs est d'engendrer Jésus-Christ dans les âmes: « Mes petits enfants, dit l'Apôtre, pour lesquels je suis encore dans les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé en vous (''). » Vous voyez qu'il enfante et qu'il engendre Jésus-Christ dans les âmes : ainsi il y a quelque convenance entre les prédicateurs de la parole divine et la sainte Mère de Dieu. C'est pourquoi le grand saint Grégoire ne craint pas d'appeler mères de Jésus-Christ ceux qui sont appelés à ce glorieux ministère (^). De là vient que l'Eglise s'est persuadé aisément que vous, ô très heureuse Marie, bénie (') entre toutes les femmes, vous qui avez été prédestinée dès l'éternité pour engendrer selon la chair le Fils du Très- Haut, vous aideriez volontiers de vos pieuses intercessions ceux qui le doivent engendrer en esprit dans les cœurs de tous les fidèles.

Mais dans quelle prédication doit-on plus espérer de votre secours, que dans celle que ce peuple attend aujourd'hui, où nous avons à louer la grâce et la miséricorde divine dans la sainteté du dévot Bernard, de Bernard le plus fidèle et le plus chaste de vos enfants ; celui de tous les hommes qui a le plus honoré votre maternité glorieuse, qui a le mieux imité votre pureté angélique (^), qui a cru devoir à vos soins et à

a. Galat.y iv, 19. — b. In Evang.^ lib. I, hom. m, n. 2.

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