Édit. la représentation
souvent des (') mépris du monde ; mais disons la vérité, cet âge ordinairement indiscret n'est pas capable de ces bons conseils. Les avis de leurs compagnons et de leurs égaux, qui ne croient rien de si sage qu'eux, l'emportent par-dessus les (^) parents.
Triomphez, Seigneur, triomphez de tous les attraits de ce monde trompeur ; et faites voir au jeune Bernard, comme vous le fîtes voir à saint Paul (''), ce qu'il faut qu'il endure pour votre service. Déjà vous lui avez inspiré, avec une tendre dévotion pour Marie, un généreux amour de la pureté; déjà il a méprisé des caresses les plus dangereuses, dans des rencontres que l'honnêteté ne me permet pas de dire en cette audience ; déjà votre grâce lui a fait chercher un bain et un rafraîchissement salutaire dans les neiges et dans les étangs glacés, où son intégrité attaquée s'est fait un rempart contre les molles délices du siècle. Son regard imprime de la modestie : il retient jusques {^) à ses yeux, parce qu'il a appris de votre Evangile (''') et de votre apôtre {') qu'il y a des yeux adultères. Dans un courage qui passe l'homme, on lui voit peintes sur le visage la honte et la retenue d'une fille honnête et pudique. Mais, achevez. Seigneur (^), en la personne de ce saint jeune homme le grand ouvrage de votre grâce.
Et, en effet, le voyez-vous, chrétiens, comme il est rêveur et pensif ; de quelle sorte il fuit le grand monde, devenu extraordinairement amoureux du secret et de la solitude ? Là il s'entretient doucement de telles ou de semblables pensées : Bernard, que prétends-tu dans le monde ? Y vois-tu quelque chose qui te satisfasse ? Les fausses voluptés, après lesquelles les mortels ignorants courent d'une telle fureur, qu'ont-elles après tout, qu'une illusion de peu de durée ? Sitôt que {') cette première ardeur, cjui leur donne tout leur agrément, a été un peu ralentie [)ar le temps, Iriirs plus \-io-
a. AcL^ IX, 16.— b. Maith.^ v, 28. — c. Il /V//., 11, 14.