‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 224 sur 296 · Édit. qui fréquentaient la maison · texte numérisé non relu

Édit. qui fréquentaient la maison

2. Deforis refait à sa manière cette phrase expressive, et il la gâte ainsi : « Dieu voulut que tous ses frères, après avoir résisté quelque temps, vinssent à lui l'un après l'autre. »

3. Édit. ces généreux militaires ! — Sur ces adjectifs employés substantivement, voy. Remarques sur la gramniaire et le vocabulaire^ à la fin de V Introduction.

4. Ces trois derniers mots, sont une addition que l'auteur a jugée nécessaire en se relisant plus tard. — Var. ni le repos.

5. Bossuet écrit à cette date : Et quoi dottc J D'où le texte de quelques éditions.

De cette sorte, il se plaignait doucement qu'ils le partageaient un peu trop en cadet ; et cette sainte pensée fit (') telle impression sur son âme, qu'ayant demeuré quelque temps dans le monde, il obtint son congé de son père, pour s'aller mettre en possession du même héritage que ses chers frères, non pour le partager, mais pour en jouir en commun avec eux. Que reste-t-il au pieux Bernard pour voir toute sa famille conquise au Sauveur ? Il avait encore une sœur, qui, profitant de la piété de ses frères, vivait dans le luxe et dans la grandeur. Elle les vint un jour visiter, brillante de pierreries, avec une mine hautaine et un équipage superbe. Jamais elle ne put obtenir (^) le bien de les voir, jusqu'à temps qu'ayant protesté qu'elle suivrait leurs bonnes instructions,le vénérable Bernard s'approcha : Et pourquoi, lui dit-il (''), veniez-vous troubler le repos de ce monastère, et porter la pompe du diable jusque dans la maison de Dieu ? Quelle honte de vous parer du patrimoine des pauvres ! Il lui fit entendre qu'elle avait grand tort d'orner ainsi de la pourriture : c'est ainsi qu'il appelait notre corps. Ce corps en effet, chrétiens, n'est qu'une masse de boue, que l'on pare d'un léger ornement, à cause de l'âme qui y demeure. Car de même [que] si un roi était contraint par quelque accident de loger en une cabane, on tâcherait de l'orner, et l'on y verrait quelque petit rayon de la magnificence royale ; (^) c'est toujours une maison de village, à qui cet honneur passager, dont elle serait bientôt dépouillée, ne fait point perdre sa qualité : ainsi cette ordure de notre corps est revêtue de quelque vain éclat, en faveur de l'âme qui doit y habiter quelque temps ; toutefois c'est toujours de l'ordure, qui, au bout d'un terme bien court, retombera dans la première bassesse de sa naturelle corru[jtiori. Avoir tant de soin de si peu de chose, et négliger pour elle cette âme faite à l'image de Dieu, d'une nature immortelle et divine, n'est-ce pas une extrême fureur ? \h lia S(L'ur du pieux Bernard est touchée au vif de cette pensée : elle

a. Vif. lu'rnard.^ lib. I, rap. VI. %

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