‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 230 sur 296 · É{ù'/. de l'enfer · texte numérisé non relu

É{ù'/. de l'enfer

geons-nous à nous enrichir par des voies injustes, par des rapines, par des usures, par des voleries. Nous n'avons pas un cœur de chrétiens, parce qu'il est dur à la misère des pauvres. Notre charité est languissante, et nos haines sont irréconciliables. C'est en vain que la justice divine nous frappe ('), nous ne laissons pas de (') nous donner toujours tout entiers aux folles joies de ce monde {^). Nous n'appréhendons pas cette terrible sentence du Fils de Dieu : « Malheur à vous qui riez, car vous pleurerez (^) ! » et cette autre : « Le ris est mêlé de douleur, et les pleurs suivent la joie de bien près (''') : » et cette autre (^) : « Ils passent leur vie dans les biens, et en un moment ils descendront dans les enfers ('). »

Retournons donc, fidèles, retournons à Dieu de tout notre cœur. La pénitence n'est amère que pour un temps ; après, toute son amertume se tourne en une incroyable douceur. Elle mortifie les appétits déréglés, elle fait goûter les plaisirs célestes, elle donne une bonne espérance, elle ouvre les portes du ciel. On attend la miséricorde divine avec une grande consolation, quand on tâche de tout son pouvoir d'apaiser la justice parla pénitence.

O pieux Bernard, ô saint pénitent, impétrez-nous par vos saintes intercessions les larmes de la pénitence, qui vous donnaient une si sainte joie ; et, afin qu'elle soit renouvelée dans le monde, priez Dieu qu'il enflamme les prédicateurs de l'esprit apostolique qui vous animait. Nous vous demandons encore {^) [une autre faveur.] O vous ! qui avez tant de fois désarmé les princes qui se préparaient à la guerre, vous voyez que depuis tant d'années tous les fleuves sont teints, et que toutes les campagnes fument de toutes parts

a. Luc.^ VI, 25. — b.Prov.^ xiv, 13. — c. Job^ xxi, 13.

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