SUR JÉSUS-CHRIST OBJET DE SCANDALE
Cœci vident^ claudi ambulant^ leprosi mundatitiir^ surdi audiiinty jnortui resuri^uiit^paupercs evan}re.
lizantur : et de ah/ s est qui tionfuerit scandalizatiis in me.
Les aveugles reçoivent la vue, les sourds entendent, les estropies marchent, les lépreux sont nettoyés, et les morts revivent ; l'Évangile est annoncé aux pauvres : et bienheureux est celui qui n'est point scandalisé en moi.
{Matth., XI, 5, 6.)
SI nous apprenons (') des Ecritures divines que Notre- Seigneur Jésus-Chrlst a toujours été l'unique espérance du monde, la consolation et la joie de tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël, à plus forte raison, chrétiens, devons-nous être persuadés que Jean-Baptiste, son bienheureux précurseur, n'avait point de plus (^) chère occupation que celle d'entretenir son esprit de ce doux objet. C'est pourquoi je me le représente aujourd'hui, dans les prisons du cruel Hérode, comme un homme qui n'a de contentement que d'apprendre ce que son Maître fait parmi les hommes, et comme par ses prédications et par ses miracles il se fait reconnaître à ses vrais fidèles pour le Fils du Dieu tout-puissant. C'est ce qu'il me semble que saint Matthieu nous fait conjecturer en ces mots de notre évangile : « Jean entendant dans les liens les grandes œuvres de Jésus-Chrlst, il lui envoya (^) deux de ses disciples, pour lui faire cette demande : Etes-vous celui qui devez venir, ou si nous en attendons quelque autre ('') ?» Pour moi, je m'imagiiu'.tidcles. que le fruit qu'il espérait de cette ambassade, c'est cjuc ses disciples lui rapportant la réponse de son bon Maître, il ne doutait nullement que sa parole ne dût être pleine d'une si ineffable douceur que, seule, elle serait capable non seuk:ment de chasser les maux d'une dure captivité, mais encore
a. Matth.^ XI, 2, 3.
1. Cet avant-propos, écrit sur la dernière feuille du manuscrit, est st^paré du discours dans toutes les éditions.