‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 248 sur 296 · I . EdiL tant de pécheurs · texte numérisé non relu

I . EdiL tant de pécheurs

à la maison de David et aux habitants de Jérusalem, pour la purification des pécheurs (''). » C'est à vous, c'est à vous chrétiens, qu'est ouverte cette fontaine. Vous êtes les vrais habitants de Jérusalem, parce que vous êtes les enfants de l'Eglise, et les héritiers des promesses qui ont été faites à la Synagogue. Vous êtes la maison de David, parce que vous êtes incorporés à Jésus, le fils de David, et que sa chair et son sang ont passé à vous. Accourez donc à cette miraculeuse [p. 14] fontaine; venez y laver vos iniquités. On court avec tant d'empressement à ces bains que l'on s'ima(rine être salutaires aux corps ('), et on néglige ces divines eaux où se fait la purgation de nos âmes. Ô stupidité ! ô aveuglement ! Si vous avez bien compris, chrétiens, quel mal c'est que d'offenser Dieu, combien il est terrible et inconcevable, que ne courez-vous au remède que le miséricordieux Jésus vous présente dans la pénitence ? Ah ! fidèles, c'est par ce canal que coulent ces eaux saintes et purifiantes.

O Dieu ! que je m'estimerais bienheureux si j'avais pu servir à vous faire entendre que les plus cruelles maladies sont moins que rien, si nous les comparons au venin, à la peste qu'un seul péché "mortel porte dans nos âmes ! Prions donc le miséricordieux médecin qui a tant pitié de nos maux, qu'il fasse ce qu'il voudra de nos corps, pourvu qu'il sauve les âmes. Quand nous sommes dans les douleurs violentes, répandons notre cœur devant lui, et disons avec une foi vive : Charitable et miséricordieux médecin, descendu du ciel pour me traiter de mes maladies qui sont innombrables ; ou je suis bien malade en mon corps, si mes douleurs sont aussi grandes que je les ressens ; ou je suis bien malade en nuMi âme, puisque je m'afflige si fort pour de petits maux : ou plutôt je suis bien malade en l'un et en l'autre, parce que et les douleurs que je sens sont très aiguës, et cjue mon cs|)rit s'abat trop pour des maux qui, tout cruels qu'ils sont, sont aucunement su[)porlables. j'avoue devant vous, ô mon Dieu, que la raison devrait tenir le dessus [)lus (|uelle ne laii : mais

que ferai-je ? ]\Ia chair est infirme ; et vous savez, Seigneur.

a. Zach.^ xni, i.

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