‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 259 sur 296 · Var. à laquelle · texte numérisé non relu

Var. à laquelle

passions lui refusèrent l'obéissance ; et, l'âme ne buvant plus à cette source inépuisable de vie, devenue elle-même impuissante, elle laissa aussi le corps sans vigueur ; c'est pourquoi(') la mortalité s'en est incontinent emparée. Ainsi pour la ruine totale de l'homme, le péché a détruit la justice, la convoitise s'étant soulevée a troublé la paix, l'immortalité a cédé à la nécessité de la mort. Voilà l'ouvrage de Satan, opposé à l'ouvrage de Dieu, Or le Fils de Dieu est venu « pour dissoudre l'œuvre du diable, » nous dit-il lui-même dans son Evangile (^). Il est venu « pour réformer l'homme selon le premier dessein de son Créateur, » comme nous enseigne l'Apôtre ("). Et pour cela il est nécessaire que sa grâce nous restitue (^) les premiers privilèges de notre nature. De là vient qu'il nous appelle dans son Evangile à une bienheureuse nouveauté de vie, répandant en nos âmes son Saint-Esprit, par lequel, dit l'apôtre saint Paul, « l'homme intérieur et spirituel est renouvelé de jour en jour : » Rcnovahiv de die in diem (^). Remarquez ces paroles, « de jour en jour. » Elles nous font connaître manifestement que Dieu, en renouvelant ses élus, ne veut pas qu'ils soient changés tout à coup, mais qu'il ordonne certains progrès par lesquels ils s'avancent de plus en plus à la perfection consommée. Il y a trois dons à leur rendre; il y aura aussi trois différents âges par lesquels de degré en degré « ils deviendront hommes faits, » comme dit saint Paul ; in virum perfechuii ('). Et Dieu l'a arrêté de la sorte afin de faire goûter à ses bien-aimés les opérations de sa grâce les unes après les autres. De sorte que dans ce monde il répare leur innocence, dans le ciel il leur donne la paix, à la résurrection générale il ornera leurs corps d'immortalité. Par ces trois âges, les justes « arrivent à la [)lénitude de Jésus-Christ, » ainsi que parle l'apôtre saint Paul : /// mensitrain œtatis plenitudinis C/irisii(;'). Ea vie présente est comme l'enfance, celle dont les saints jouissent au ciel ressemble à la Heur de l'âge, après suivra la maturité dans la

a. Coioss., u\, 10. — b. II Cor., iv, 16. — c. Ephes., iv, 13. — </. Ibid.

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