‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 289 sur 296 · DE LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

DE LA PÉNITENCE

même que ce qui fait l'ordre d'une armée, c'est que les commandements du chef sont suivis ; et ce qui fait l'ordre d'un concert et d'une musique, c'est que tout le monde s'accorde avec celui qui bat la mesure : ainsi l'ordre de cet univers, c'est que la volonté de Dieu soit exécutée. C'est pourquoi le monde est conduit avec un ordre si admirable, parce que et les astres, et les éléments, et toutes les autres parties qui composent cet univers conspirent ensemble d'un commun accord à suivre la volonté de Dieu, suivant ce que dit le Prophète: «Votre parole, ô Seigneur, demeure immuablement dans le ciel; vous avez fondé la terre, et elle est toujours également stable. C'est par votre ordre que les jours durent, parce que toutes choses vous servent (''). »

Si la justice de Dieu est infinie, il est aussi infiniment juste que tous ses ordres soient accomplis, [et que les créatures] n'outrepassent jamais son commandement. Rien ne résiste à la volonté de Dieu que la volonté des pécheurs. La justice et l'injustice opposées. La justice infinie. Il n'y a qu'une injustice infinie qui soit capable de s'opposer à la justice infinie de Dieu; d'autant plus que celui qui attaque la volonté de Dieu la choque nécessairement en tout ce qu'elle est, et dans toute son étendue, suivant ce que dit l'apôtre saint Jacques (''). Et la raison en est évidente ; parce que par une seule contravention l'autorité de la loi est anéantie. L'injustice infinie, le supplice est infini dans son étendue.

Après avoir compris quelle doit être la grandeur de la peine par l'injustice du crime, vous l'entendrez beaucoup mieux encore par la justice de Dieu : car, puisqu'elle est infinie, il faut qu'elle règne et qu'elle prévale. Péché : désordre, rébellion. Ou nous nous rangeons, ou Dieu nous range ('). Par l'obéissance ; par le supplice. Ou nous faisons l'ordre, ou nous le souffrons. Dieu répare l'injustice de notre crime par la justice de notre peine.

Il n'est pas malaisé de prouver cjue Dieu accuse les pé-

a. Ps., CXVIII, 89-91. — b.Jac.^ Il, 10.

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